On sait le tabagisme responsable de bien des affections, maladies et décès, mais saviez-vous qu’il est aussi intimement lié à la survenue et au maintien – voire à l’aggravation – des douleurs chroniques ?
Le tabagisme, un facteur de risque pour les douleurs chroniques
Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, arthrose… Au-delà des prédispositions génétiques particulières, ces rhumatismes chroniques auraient d’autant plus de risque de se déclarer chez les personnes fumeuses, expliquent les chercheurs et experts, à l’instar de la Ligue européenne contre le rhumatisme :
« Le tabac agit comme un déclencheur dans les terrains génétiquement prédisposés »
Dans bien d’autres cas, le tabagisme ne précède pas les douleurs chroniques. Il les succède. Autrement dit : les gens se mettent à fumer pour faire face à la douleur, ou à la baisse de moral liée à cette douleur.
Et, un court instant, cela semble marcher. L’une des raisons à cela : la nicotine contenue dans la cigarette, qui possède notamment des propriétés analgésiques connues.
Problème : si la nicotine peut être une réponse à la douleur – bien que de nombreuses études soient toujours en cours pour estimer précisément les meilleures modalités – les effets du tabac fumé, eux, ne font qu’aggraver la situation, ne laissant qu’un bref moment de répit aux personnes en souffrance.
La douleur s’apaise, puis s’aggrave
C’est une chose que l’on ne sait que trop bien aujourd’hui : il n’existe aucun bienfait à fumer. Bien au contraire. La cigarette entretient l’état inflammatoire chronique de l’organisme, voire l’aggrave.
Elle stimule la destruction du cartilage et des tissus articulaires. Elle limite la mobilité. Elle contribue au rétrécissement des vaisseaux sanguins et des artères. Elle réduit la quantité d’oxygène dans le sang. Elle fatigue et stresse le cœur. Elle fragilise le système immunitaire.
Résultat : la douleur s’intensifie, on refume pour l’atténuer, et ainsi de suite.
Toutes les études comparatives, effectuées sur des personnes souffrant de douleurs chroniques, fumeuses et non-fumeuses, en arrivent au même constat : les premières sont plus nombreuses à montrer une forme plus sévère de la maladie.
Car, au-delà de l’aggravation de la douleur, le tabagisme réduit également l’efficacité des traitements. Et ce, de manière significative : de 30 à 50 % selon plusieurs études européennes.
Et la vape alors ?
Contrairement aux produits du tabac à fumer, les produits tels que la vape, les patchs et d’autres substituts nicotiniques ne partagent pas les dangers liés au tabagisme. La raison en est bien simple : ils fonctionnent sans combustion, c’est-à-dire sans avoir à brûler quoi que ce soit.
Leurs effets sur la santé sont ainsi grandement amoindris. En revanche, certains peuvent présenter des effets secondaires, comme des douleurs musculaires sous patch nicotinique.
Il est donc toujours recommandé aux personnes fumeuses souffrant de maladies chroniques de choisir leur méthode de sevrage sur conseils avisés d’un·e professionnel·le de santé, tabacologue ou addictologue.





