Je contacte mes élus
pour les informer
AGIR MAINTENANT ! Alerter vos élus locaux n'a jamais été aussi facile.
Cliquez et rejoignez le mouvement #JSV.
Accueil | Informer sur la vape | Le vrai du faux de la vape | Que dit la science | Aux Pays-Bas, on continue de réprimer la vape par « protection de la jeunesse » malgré d’assez mauvais résultats

Aux Pays-Bas, on continue de réprimer la vape par « protection de la jeunesse » malgré d’assez mauvais résultats

Bon nombre de pays disent vouloir suivre l’exemple des Pays-Bas, où le gouvernement enchaîne les interdictions sur la vape par mesure de “protection de la jeunesse”. Pourtant, à en croire les diverses études et données disponibles, ces mesures sont loin d’avoir les effets escomptés…

Protéger les jeunes de la vape : le nouveau mantra des Pays-Bas

Depuis plusieurs années, les Pays-Bas sont devenus l’une des nations les plus sévères en matière de régulation des produits de vapotage.

En juillet 2023, le gouvernement néerlandais a en effet commencé par interdire la vente en ligne des produits pour cigarette électronique. Matériels comme e-liquides. Puis, début 2024, il a doublé cette interdiction d’un Flavor Ban, limitant les saveurs au seul goût tabac.

En septembre 2024, soit neuf mois après la mise en œuvre de l’interdiction des arômes, le RIVM, qui n’est autre que l’Institut national néerlandais de la santé publique et de l’environnement (un organisme gouvernemental du Ministère de la Santé, du Bien-Être et des Sports) a évalué l’impact de cette mesure sur la prévalence du vapotage [1].

Si cette étude reste contestable ne serait-ce que parce qu’elle semble vite tomber dans le biais de confirmation, elle met toutefois en lumière de nombreux faits importants. Des faits corroborés par les dernières observations de l’Institut néerlandais de la statistique (CBS). Comme par les saisies effectuées par l’Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA).

Plus de fumeurs et de vapoteurs parmi les 12-18 ans

Le rapport du RIVM sur l’impact du Flavor Ban montre une baisse assez significative du vapotage chez les utilisatrices et utilisateurs d’avant la mesure. Sur les 1005 personnes interrogées, dont 548 adolescents et jeunes âgés de 13 à 24 ans et 457 adultes âgés de 25 ans et plus, l’Institut note :

  • Un peu moins de vapotage quotidien (de 29 à 18 %)
  • Plus de deux fois moins de vapotage hebdomadaire (de 30 à 14 %)
  • Près de trois fois moins de vapotage mensuel (de 42 à 16 %)

Mais, en s’intéressant plus précisément au 22,4 % des personnes qui ont arrêté de vapoter suite à l’interdiction des arômes (soit environ 225 personnes sur les 1005), on remarque que 27 % d’entre elles se sont aussi tournées vers d’autres produits. Dont la cigarette.

  • 13 % ont ainsi indiqué fumer plus souvent qu’avant
  • 9 % ont même commencé à fumer

Ce que les données relevées par le CBS confirment avec plus de précision encore [2].

Arômes ou non, l’Institut observe une augmentation de l’utilisation de la cigarette électronique chez les 12-18 ans (6,1 % en 2023 puis 7,6 % en 2024). Et plus grave encore, une légère augmentation du tabagisme dans cette même population : 7,2 % en 2023 contre 7,5 % en 2024.


TABAGISME (par âge, %) 2021 2022 2023 2024
12-16 ans

16-20 ans

20-30 ans

12-18 ans

2,3 % 2,9 % 2,8 % 3,3 % ↗️
19 % 18,5 % 16,7 % 16,4 % ↘️
27 % 27,8 % 28,7 % 25,7 % ↘️
6,4 % 6,6 % 7,2 % 7,5 % ↗️

VAPOTAGE (par âge, %) 2021 2022 2023 2024
12-16 ans

16-20 ans

20-30 ans

12-18 ans

0,8 % 1,7 % 3,4 % 3,4 % 🟰
2,5 % 8,8 % 12,2 % 13,2 % ↗️
1,7 % 5,9 % 10,6 % 6,9 % ↘️
1,3 % 3,7 % 6,1 % 7,6 % ↗️

Accentuation des comportements dangereux et du marché noir

Conséquence directe de l’interdiction des saveurs aux Pays-Bas : les utilisatrices et utilisateurs ont cherché à contourner la loi, pour continuer à se fournir en arômes et autres vapes aromatisées.

C’est ce que relève l’étude du RIVM chez 472 personnes (base : 1005). Soit près de la moitié des vapoteuses et vapoteurs interrogés.

  • 35,6 % d’entre elles ont ainsi déclaré s’approvisionner dans des boutiques physiques d’autres pays (dont l’Allemagne et la Belgique) ; 20,1 % via la vente en ligne ; Et 12,1 % via des boutiques aux Pays-Bas qui ne respectent pas l’interdiction ;
  • 30,9 % se sont tournés vers une personne qu’ils connaissaient ;
  • 27,8 % comptent toujours sur les stocks qu’ils avaient effectué avant l’interdiction ;
  • 13,3 % ont confié acheter désormais via les réseaux sociaux ;

Et plus grave encore : 5,1 % font apparemment leurs mélanges eux-mêmes.

D’après NL Times [3], entre janvier et mars 2025, l’Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA) a déjà saisi plus de 180 000 produits de vapotage illégaux. En mai de la même année, un importateur de la province néerlandaise La Gueldre a été arrêté en possession de 70 000 flacons d’arômes illégaux. Soit présentant des saveurs autres que tabac.

Moralité : ce n’est pas en privant la jeunesse de la vape que l’on gagnera la lutte contre le tabac

Comme bien d’autres, le Vice-Premier ministre de Belgique, M. Frank Vandenbroucke, semble en être persuadé : les pays auraient tout à gagner à suivre l’exemple des Pays-Bas. Depuis plusieurs mois, il milite ainsi pour l’adoption d’une loi d’interdiction des arômes. Exception faite des e-liquides au goût tabac. Son argument principal : les Pays-Bas.

Pourtant, comme nous venons de le voir, derrière les 11 % de prévalence tabagique officielle (quasiment 17 % si l’on compte le tabagisme occasionnel des néerlandaises et néerlendais) se cache de bien tristes constats. Les plus jeunes (12-18 ans) ne vapotent ni ne fument pas moins. Et bon nombre de consommatrices et consommateurs, majeurs comme mineurs, se tournent désormais vers le marché gris ou noir pour continuer à se fournir en produits du vapotage. Ou s’y essayent eux-mêmes avec ce qu’ils ont sous la main. Avec tous les risques sanitaires que cela suggère (produits frelatés, non contrôlés…).

Par ailleurs, les addictologues et autres spécialistes en la question sont nombreuses et nombreux à le rappeler : aux Pays-Bas comme partout, la vape aide aussi la jeunesse fumeuse à arrêter – ou à ne pas commencer. La cigarette électronique n’est donc pas l’ennemi à abattre : elle sert la lutte antitabagique.


Sources


[1] A-comprehensive-evaluation-of-an-e-cigarette-flavor-ban-on-consumer-behavior-and-purchasing-june-2025 Portable Document Format — Wikipédia, I.M. Hellmich, A. Havermans, C.G.G.M. Pauwels, S. Boesveldt, R. Talhout, National Institute for Public Health and the Environment, RIVM | P.O. Box 1 | 3720 BA Bilthoven | The Netherlands | www.rivm.nl/en | June 2025

[2] CBS Statline, données tabagisme et vapotage chez les jeunes néerlandais de 12 à 30 ans, sur les périodes de 2021 à 2024 [dernière mise à jour 16 janvier 2026, consulté le 19 février 2026]. URL : https://opendata.cbs.nl/#/CBS/nl/dataset/85457NED/table?dl=BD752

[3] More teenagers vaping; Decrease among young adults, NL Times, 27 mai 2025.

0 Partages

NOS ARTICLES SIMILAIRES