Arrêter de fumer sans en passer forcément par des phases de rechute, c’est possible ? D’après une étude du respecté professeur Peter Hajek, le meilleur outil pour y arriver serait sans conteste la cigarette électronique.
Quelques mots sur l’auteur et l’étude
Si le nom de Peter Hajek vous dit quelque chose, c’est sans doute parce qu’il est l’auteur de bien d’autres recherches de renom sur la vape.
Au Royaume-Uni, ses études ont d’ailleurs beaucoup contribué à guider les politiques publiques et à changer le regard des professionnels de santé sur les produits du vapotage. Résultat : en s’appuyant sur la e-cigarette, le pays est rapidement passé sous la barre des 10 % de fumeurs.
Dans cette nouvelle étude de 2026, disponible en libre accès sur Wiley [1], Peter Hajek questionne cette fois l’efficacité de la vape pour arrêter de fumer au long cours. Notamment en fonction du risque de rechute vers la cigarette.
Méthodologie de l’enquête
Pour ce faire, l’étude s’est concentrée sur quatre services d’aide à l’arrêt du tabac au Royaume-Uni. Elle a suivi 886 personnes fumeuses en sevrage. Certaines accompagnées par la cigarette électronique, d’autres par les substituts nicotiniques.
À 4 semaines, puis à 6 mois, les chercheurs ont évalué l’abstinence des participantes et participants. Puis mesuré, à un an, le risque de rechute.
Vapoter plutôt qu’utiliser des substituts nicotiniques réduit le risque de rechute
En comparant les résultats à 12 mois des utilisateurs de substituts nicotiniques (NRT) avec ceux des utilisateurs de vape (EC), les chercheurs ont noté :
« Les abstinents du groupe EC étaient moins susceptibles de rechuter que ceux du groupe NRT, tant entre 4 semaines et 12 mois qu’entre 6 et 12 mois »


En effet, l’abstinence était plus marquée avec la vape qu’avec les substituts nicotiniques. À un an, les taux de rechute tabagique étaient de 48,2 % (entre 4 semaines et 12 mois) et 37,6 % (entre 6 et 12 mois) avec la vape. Et de 61 % (entre 4 semaines et 12 mois) et 52,2 % (entre 6 et 12 mois) avec les substituts nicotiniques.
Autrement dit, alors que plus d’un utilisateur de substituts nicotiniques sur deux avait repris la cigarette au bout de six mois à un an d’abstinence, plus de 6 vapoteurs sur 10 étaient encore abstinents au bout de 6 à 12 mois de vapotage.
Arrêter de fumer sans vape augmente le risque de rechute
En prenant également en compte les utilisateurs de substituts nicotiniques qui se sont appuyés sur la vape à un moment donnée, les chercheurs confirment leurs observations.
Sans vapoteuse pour les seconder, la rechute était d’autant significative entre 4 semaines et un an (60,6 %) qu’entre 6 et 12 mois (51,8 %). À l’inverse, avec la vape en soutien, les taux de rechute chutaient à 48,7 % entre 4 semaines et un an. Et à 38,3 % entre 6 et 12 mois.


Conclusions et limites de l’étude
Arrêter de fumer en s’appuyant sur la vape plutôt que sur les substituts nicotiniques semble apporter un bénéfice certain à l’utilisateur en réduisant significativement son risque de rechute vers la cigarette.
Les auteurs relèvent toutefois plusieurs limites à leur étude, dont l’auto-déclaration de l’abstinence des participantes et participants. Sans vérification biochimique. De même, précisent-ils, des études au plus long cours sont nécessaires pour vérifier la pertinence de la e-cigarette sur une période de temps plus longue.
En résumé, écrivent-ils :
« Cette étude apporte la première preuve que les fumeurs qui réussissent à arrêter de fumer et continuent d’utiliser la cigarette électronique réduisent leur risque de rechute, mais d’autres études sont nécessaires pour confirmer ce résultat. Si ce résultat est reproduit, il démontrerait que les personnes ayant réussi à arrêter de fumer et qui continuent d’utiliser la cigarette électronique ne devraient pas être dissuadées de le faire »
Sources
, , , , , , et al. Continuing use of e-cigarettes after stopping smoking and relapse: Secondary analysis of a large randomised controlled trial. Addiction. 2026. https://doi.org/10.1111/add.70294





