Mercredi 10 décembre 2025, le Sénat a approuvé la loi d’interdiction totale du vapotage au Mexique.
Fin de la vape au Mexique
Mardi 9 décembre 2025, la Chambre des députés s’était déjà dite favorable à la loi. Avec 324 voix pour et 129 contre. Rejoint dès le lendemain par le Sénat.
Avec 76 voix pour et 37 contre, les sénateurs mexicains ont majoritairement soutenu la proposition d’interdiction totale du vapotage portée par le gouvernement de Claudia Sheinbaum.
« Les dispositifs de vapotage sont très nocifs pour la santé. On entend souvent dire que si l’on ne fume pas de cigarettes et que l’on utilise une cigarette électronique, c’est moins nocif, mais en réalité, ces dispositifs contiennent de nombreuses substances et matériaux extrêmement nocifs », a déclaré la présidente Sheinbaum en conférence de presse.
Il devient donc interdit de fabriquer, de vendre, de stocker, d’importer ou d’exporter et même de détenir des produits du vapotage sur le sol mexicain. Sous peine de lourdes sanctions.
Emprisonné pour port de vapotage ?
La loi prévoit de sévères sanctions financières : jusqu’à 226 000 pesos (équivalent à près de 11 000 euros). Mais aussi des peines de prison : de un à huit ans d’emprisonnement pour possession d’une e-cigarette ou d’un produit du vapotage en vu d’en tirer un profit financier.
Si le gouvernement défend une mesure de protection de la jeunesse, les partis d’opposition y voient surtout « la réforme la plus prohibitionniste, autoritaire et absurde que ce pays ait connue depuis des décennies ».
« Dans quel monde vapoter est-il plus dangereux qu’agresser, humilier ou porter des armes ? » a ainsi lancé la députée Irais Reyes, du parti Mouvement Citoyen (MC)
Cigarettes électroniques et pancartes en main, plusieurs députés de l’opposition ont témoigné leur désaccord à la Chambre des députés. Dénonçant une mesure dangereusement contre-productive, qui ne fera qu’alimenter le marché noir. En plus de criminaliser les utilisateurs.
« Interdire ne signifie pas réglementer. Nous poussons les enfants et les adolescents vers le marché noir où personne ne demande de pièce d’identité et où les vendeurs aux mineurs restent impunis », a également déclaré le sénateur Luis Donaldo Colosio Riojas, du Mouvement Citoyen.
« Ils n’ont écouté personne, ni les experts ni les utilisateurs », déplorent les partis d’opposition.
Le Mexique sur les pas de l’Australie
Pour Juan José Cirión Lee, président de l’association México y el Mundo Vapeando, ce n’est pas seulement un coup dur pour toutes les personnes vapoteuses et fumeuses. C’est également une erreur qui coutera cher à la santé publique.
Pour preuve, il cite notamment les dérives qu’une telle interdiction a généré en Australie.
« Le Mexique a répété la même erreur. Il empêche les utilisateurs d’accéder à la sécurité », regrette-t-il.
Sources
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