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Bertrand Dautzenberg, interview European Scientist

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Dans une interview réalisée par European Scientist, publiée le 04-10-2021, le Pr Bertrand Dautzenberg fait part de son point de vue sur la vape et la lutte contre le tabagisme.

Le Pr Bertrand Dautzenberg, est un médecin et professeur de médecine français. Praticien dans le service de pneumologie de l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris. Il enseigne aussi la pneumologie, en particulier la tuberculose et la tabacologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie.
Il est l’auteur de plusieurs livres sur le tabagisme et a coordonné en mai 2013 un rapport sur la cigarette électronique pour le ministère français de la Santé. En 2015, il a présidé la commission de normalisation AFNOR sur les cigarettes électroniques et liquides à vapoter.

Dans l’interview qu’il donne à European Scientist. L’enthousiasme du Pr Bertrand Dautzenberg pour la cigarette électronique qu’il juge comme « un outil de sevrage viable » s’inscrit dans une démarche scientifique et pragmatique, assez loin des querelles partisanes et du lobbying qui se développent à l’approche de la nouvelle TPD (Tabacco products directive) qui statuera  en novembre 2021.

Extraits de l’interview du Pr Bertrand Dautzenberg pour European Scientist :

« European Scientist – Alors que de nombreux députés européens ont souligné, dans le contexte des discussions sur le Plan Cancer de l’UE, le rôle de la vape pour sortir du tabagisme, la Commission européenne semble beaucoup plus frileuse, pour ne pas dire hostile, au vu des conclusions du récent rapport SCHEER. Ce rapport, dont la méthodologie a été critiquée, pourrait fortement influencer le futur statut de la cigarette électronique dans la directive européenne sur les produits du tabac. Quelle place devrait, selon vous, occuper la vapoteuse dans la stratégie anti-tabac de l’Union européenne ?

Professeur Dautzenberg – Sur le tabac, il y’a un accord de tous les spécialistes sur la façon de procéder. En gros, le seul ennemi, ce sont les industriels. Même du côté du politique, les idées sont aussi relativement claires sur la meilleure manière de lutter contre le tabac. Sur la vapoteuse, en revanche, les scientifiques et les médecins ont entre eux des idées très différentes. Schématiquement, tous les médecins qui soignent les patients, qui voient les fumeurs, sont à fond pour la vape et trouvent que c’est un produit merveilleux. À l’inverse, tous les gens qui sont dans leurs bureaux, à faire des études, qui reçoivent des fonds des universités américaines, sortent des papiers affirmant que la vape tue tout le monde. Ce qui est entièrement faux. Il ne faut pas oublier en revanche que le tabac tue la moitié de ses consommateurs.


La seule étude randomisée qui a été bien faite a été publiée par Peter Hajek dans la revue New England Journal of Medicine, comparant la vapoteuse à d’autres substituts nicotiniques. Elle démontre que la vapoteuse marche mieux au bout d’un an. Pourquoi ? Tout simplement parce que la vape fait plaisir. Du coup, la moitié des gens l’utilisent encore après quatre semaines. En revanche, quand on prend des substituts nicotiniques avec des gens faiblement motivés au départ, 90 % arrêtent au bout de 4 semaines. Comme c’est un produit qui fait plaisir, il est utilisé largement et fait arrêter de fumer. Il utilise tout à fait la même nicotine qui est dans les patchs, purifiée à 99,6 % et de qualité pharmaceutique.

European Scientist – … Une brochure préparée par le ministère de la Santé en France et l’Institut National du Cancer, publiée la semaine dernière, présente la cigarette électronique comme un moyen efficace de sortie du tabagisme. Comment expliquer cette différence de traitement entre les pays ?

Professeur Dautzenberg – La seule étude sur le sujet est une petite étude française réalisée dans le cadre du Mois Sans Tabac par Santé Publique France il y’a deux ans. Elle montre que la vapoteuse est le premier traitement utilisé par les Français pour arrêter de fumer sans voir le docteur. En gros, c’est un moyen de sortir du tabac par plaisir.
Avec la vape, au lieu de se traiter, on remplace une forme toxique de tabac par une autre forme de consommation courante. Ce qui a l’avantage colossal d’être bien moins toxique et qui a l’avantage supplémentaire d’être beaucoup moins addictif…

European Scientist – En Lituanie, un projet de loi portant sur l’interdiction de la vente d’arômes fruités est en discussion. Ce projet est justifié dans le pays par des inquiétudes, imputant aux arômes fruités un rôle dans l’entrée des jeunes dans le tabac. Cette décision est-elle selon vous scientifiquement fondée ou, au contraire, n’est pas appuyée par un niveau suffisant de preuve ?

Professeur Dautzenberg – Certains pays veulent en effet supprimer les arômes. Avec une telle mesure, les gens vont trouver la vape moins intéressante et arrêter de la prendre. L’étude de Peter Hajek montre que la vape est 5 fois plus utilisée que les substituts nicotiniques, précisément car elle fait plaisir. On a presque l’impression que, vu que c’est un traitement qui fait plaisir, ce n’est pas bien, donc il ne faut plus qu’il fasse plaisir… Il y a pas mal de démonstrations qui montrent qu’une vape sympathique, facile d’accès, peu chère et agréable, c’est un produit de sortie du tabac. Attaquer la vape comme produit de sortie du tabac, objectivement, c’est renforcer l’industrie du tabac.

Retrouvez l’intégralité de cette interview sur le site de European Scientist en suivant le lien.

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