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Les menaces à venir : quel futur pour la vape en France ?

Doit-on vraiment penser les menaces sur la vape en France comme purement chimériques ?

Pour beaucoup, la France fait figure d’un véritable Eldorado de la vape. Seule en Europe à échapper, pour le moment, aux nombreuses restrictions et interdictions qui ont court partout ailleurs.

Mais l’étau semble doucement se resserrer…

Ce qui pourrait nous attendre en 2026

Alors que l’on commence à très bien cerner les intentions de l’Europe quant aux produits du vapotage (et de la nicotine en général), on sait aussi les associations antitabac françaises très engagées dans la lutte antivapotage. Bien plus, semble-t-il, qu’elles ne le sont désormais dans la lutte antitabagique.

Régulièrement, elles somment le gouvernement d’agir, en taxant les produits du vapotage, en interdisant certains produits… ou certains arômes.

Et si, jusqu’ici, les élus se contentaient d’effets d’annonce, depuis le nouveau Programme National de Lutte contre le Tabac (PNLT), ils vont plus loin et donnent naissance à des propositions de loi bien réelles.

En France comme en Europe, les menaces envers la vape se précise. Faisant de 2026 une année charnière.

1. RETOUR DE L’ARTICLE 23 DU PLF EN FRANCE

Si l’article 23 a été supprimé par 49.3 du Projet de Loi de Finances (PLF), il pourrait néanmoins réapparaitre dans le Budget 2027.

Pour rappel, il prévoyait :

  1. une taxe à 3 et 5 cts/ml pour tous les produits du vapotage
  2. l’interdiction de la vente en ligne
  3. une obligation d’agrément pour les vape-shops

Avant le 49.3, les débats parlementaires avaient statué sur la taxation à 0 euro et l’instauration d’une licence pour les boutiques de vapotage physiques et en ligne.

2. INTERDICTION DES SACHETS DE NICOTINE EN FRANCE

Si le Conseil d’État a invalidé une partie du décret gouvernemental visant l’interdiction des formes alternatives de nicotine orale, le 22 décembre dernier, dénonçant un délai d’application trop court, il ne s’est pas encore prononcé sur le caractère légal de la mesure en elle-même.

Il devrait rendre sa décision finale d’ici juin 2026.

Pourquoi cette mesure est problématique :

  • Elle diabolise un produit pourtant efficace dans l’arrêt du tabac fumé. On en a un parfait exemple avec la Suède, qui frôle les 5 % de prévalence tabagique grâce à des outils tels que le snus, les sachets de nicotine et la vape ;
  • Elle assimile les sachets de nicotine au snus, deux produits pourtant largement différents dans leur composition : le premier est sans tabac, tandis que le second en contient et est de ce fait interdit en Europe depuis la fin des années 90 ;
  • Elle préfère interdire avant d’avoir proposé d’encadrer.

3. TAXATION DE LA VAPE

C’est l’un des souhaits de la Commission européenne, à travers sa proposition de directive 2025/580 : taxer les produits du vapotage à hauteur de 12 et 36 centimes d’euros le millilitre selon leur taux de nicotine (0,12 € de 0 à 15 mg/ml / 0,36 € au-delà).

Après avoir pris la température lors de la COP11, en novembre dernier, la Commission a confirmé vouloir une adoption rapide de cette nouvelle fiscalité, d’ici mi-2026. Une mesure loin de faire l’unanimité chez les pays membres, comme chez les experts.

Mi-février 2026, JeSuisVapoteur a eu accès à un document fuité des bancs du Conseil européen, prévoyant une taxation bien plus élevée, à hauteur de 30 centimes le millilitre, peu importe le taux de nicotine.

Pourquoi cette mesure est problématique :

  • Elle cible indifféremment les produits avec et sans nicotine ;
  • Elle taxe sans prendre en compte le risque réel du produit. Dans la logique du principe de réduction des risques et du continuum du risque ;
  • Elle contraint certains produits à disparaitre – le Do It Yourself (DIY) notamment ;
  • Elle désincite les personnes fumeuses à passer au vapotage. L’aspect financier faisant partie des arguments phares pour passer à la vape ;
  • Elle ne peut être qu’évolutive : une taxe ne va qu’en augmentant, année après année.

4. INTERDICTION DES ARÔMES

En France comme en Europe, la menace reste entière.

L’ancienne ministre de la Santé, actuelle ministre des Armées et des Anciens combattants de France, Mme Catherine Vautrin, l’avait d’ailleurs appelé de ses vœux le 12 juin dernier sur Europe1 en déclarant qu’il serait bon d’« arrêter 50 000 parfums, qui peuvent eux aussi créer une addiction ».

Un projet largement soutenu par la Commission européenne, qui planche elle aussi sur un projet d’interdiction des arômes depuis le milieu d’année 2025, épaulée par plusieurs pays membres, dont la France. Son objectif ? Bannir toutes les saveurs, exception faite du goût tabac.

Pourquoi cette mesure est problématique :

  • Elle nie les études scientifiques montrant le rôle primordial des arômes dans le sevrage ;
  • Elle nie les données de terrain confirmant ses dérives : hausse du tabagisme, essor du marché noir… ;
  • Elle participe à catégoriser des arômes : il existerait naturellement des saveurs pour adultes et des saveurs pour enfants ;
  • Elle plaide pour ne conserver que l’arôme tabac sous couvert de “protection de la jeunesse” et d’un risque “d’effet passerelle de la vape vers le tabac”. Des théories pourtant réfutées par la Science. Et qui devraient poser question : s’il y a effectivement un risque que vapoter mène à fumer, pourquoi conserver précisément le goût issu de la cigarette ?

5. PAQUET NEUTRE, LIMITATION NICOTINIQUE…

Ce sont également des points inscrits noir sur blanc dans le Programme National de Lutte contre le Tabac (PNLT) de la France pour 2023-2027. Et qui figurent aussi dans la liste des mesures souhaitées par la Commission européenne.

Pourquoi ces mesure sont problématiques :

  • Instaurer le paquet neutre pour la vape n’est pas anodin. Cela renvoie directement aux mesures antitabac, avec avertissements sanitaires, réglementation précise des appellations, couleurs et tout autre caractéristiques se rapportant aux packagings ;
  • Limiter le taux maximal de nicotine autorisé pourrait gravement nuire au sevrage tabagique des personnes fumeuses. Particulièrement celles qui démarrent leur sevrage, et ont généralement besoin d’un fort taux nicotinique pour éviter de rechuter.

Une liste loin d’être exhaustive.

On pourrait facilement ajouter aux menaces qui pèsent sur la vape en France comme en Europe : des restrictions de vente (fin de la vente en ligne, suppression de certains points de vente…), des restrictions d’usage (extension des lieux sans fumée aux produits du vapotage) et des restrictions plus globales, pour tout produit à venir.


 

Mis à jour le 02.06.2026
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