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Vape et TPD 3 en Europe : cette conférence où la désinformation a battu tous les records

À l’approche de la révision de la directive qui régit notamment les produits de la vape en Europe – la fameuse TPD 3 – les anti-vapotage avancent leurs pions. Mercredi 24 juin 2026 s’est en effet tenue une conférence pour le moins troublante, intitulée Comment enrayer l’épidémie d’addiction et protéger le « capital cérébral » de la jeune génération”.

Entre théories fumeuses, analyses biaisées et accusations infondées, on aura rarement vu un tel déferlement de désinformation.

Une conférence à l’initiative de la Pologne

À l’origine de cet événement, qui s’est déroulé à Bruxelles, au Parlement européen, mercredi 24 juin 2026, quatre noms :

  1. Elżbieta Łukaciejewska, euro-députée polonaise membre des commissions ENVI et FEMM sur l’environnement, la santé publique, la sécurité alimentaire et les droits des femmes ;
  2. Adam Jarubas, euro-député polonais, président de la sous-commission sur la santé (SANT) ;
  3. L’association polonaise contre le cancer du poumon, la Polish Lung Cancer Association ;
  4. La fondation polonaise pour la santé cérébrale – Force mentale, ou Mental Power Foundation for Brain Health [1].

Autour de la table ronde et en visio-conférence, différents intervenants et intervenantes. Dont le Professeur Geert Dom, ancien président de l’European Psychiatric Association (EPA). Ou encore Frédéric Destrebecq, directeur exécutif de l’European Brain Council (EBC) par exemple.

La vape vue comme une “crise sanitaire croissante”

Autour de la table, ce mercredi 24 juin 2026, aucune place pour la nuance ou les faits scientifiques. Et encore moins pour la réduction des risques.

Qu’importe apparemment qu’ils soient sans combustion. Les produits du vapotage y sont décrits comme tout aussi nocifs que les produits du tabac à fumer.

« Nous devons absolument bannir l’idée selon laquelle les alternatives à la combustion seraient sûres ou plus sûres », a par exemple déclaré M. Frédéric Destrebecq.

« Ce n’est pas une innovation au service de la santé — c’est l’addiction réinventée pour une nouvelle génération », a également jugé M. Adam Jarubas.

Source : Conférence au Parlement européen, Bruxelles, 24/06/2026

Au cœur de la critique, la nicotine, évidemment. Véritable fer de lance des anti-vapes, plus problématique encore que le tabagisme, qui lui, tue réellement.

Mais aussi les arômes, apparemment « toxiques » et aux « effets inflammatoires confirmés » selon Mme Lourdes Alvarellos, cheffe d’unité du service prestataires sur l’intégrité des aliments à la Commission européenne.


Malgré les dizaines d’années de recul sur sa consommation, les milliers d’études rassurantes sur ses effets et les millions d’anciennes et d’anciens fumeurs sevrés par ce biais, la vape ne serait donc ni efficace pour sortir des dangers du tabagisme ni moins risquée que la cigarette. Elle ne serait qu’un moyen de plus d’atteindre les jeunes générations… afin de les faire passer au tabac fumé.


« Nous avons toute une génération de cobayes qui inhalent des substances chimiques dont nous comprenons à peine la toxicité », s’est ainsi permise d’affirmer Mme Lourdes Alvarellos, malgré le corpus impressionnant d’études réalisées depuis presque 20 ans maintenant sur la e-cigarette [2]. Et sans aucun mort ou malade du vapotage à déplorer.

« Le vapotage constitue une porte d’entrée vers le tabagisme, et non un outil de réduction des risques », s’est aussi permis d’ajouter M. Frédéric Destrebecq, malgré les consensus scientifiques actuels sur l’inexistence d’un tel effet passerelle [3].

On l’aura bien compris : peu importe que ces accusations soient mensongères et infondées. Il s’agit de tout miser sur la peur et l’émotivité, en brandissant la carte de la “protection de la jeunesse”.

Alors, il est plus aisé de faire passer les propositions qui suivent comme de réelles avancées en matière de santé publique…

Une conférence pour demander davantage de restrictions sur la vape dans la TPD 3 de l’Europe

Le véritable enjeu de cette réunion n’a pas été de débattre afin d’établir un état des lieux des connaissances et problématiques actuelles sur le vapotage. Mais plutôt d’enchaîner les arguments, pertinents ou non, pour justifier l’intérêt d’une refonte plus drastique de la directive TPD.

Dont :

  • le paquet neutre
  • l’interdiction des arômes
  • l’obligation d’effectuer des tests toxicologiques restrictifs avant chaque mise sur le marché de nouveaux produits
  • l’harmonisation européenne des règles

Source : Postulats, Social Call to Action, Mental Power, 23/06/2026

Si les organisatrices et organisateurs n’ont pas manqué de vanter le caractère interdisciplinaire de cette conférence, il est à noter qu’aucune ou aucun défenseur de la réduction des risques n’était néanmoins présent. Évacuant de fait toute contradiction afin de donner l’impression d’un consensus solide entre expert·e·s.

Il est donc à rappeler que bon nombre d’associations, d’institutions et de sociétés savantes sont loin de partager leur avis sur la vape, et réclament plutôt pour l’Europe une TPD 3 qui s’inscrit pleinement dans le principe de réduction des risques [4]. En reconnaissant les bénéfices du vapotage dans l’arrêt tabagique des personnes fumeuses, sa moindre dangerosité par rapport au tabac fumé et l’importance de conserver un accès légal, facilité et contrôlé à ses produits.


Sources


[1] Actualités – Fondation pour la santé cérébrale / Varsovie, 23/06/2026, Débat au Parlement européen : Comment enrayer l’épidémie d’addiction et protéger le « capital cérébral » de la jeune génération

[2] Parmi les études les plus récentes : celle de la revue britannique Cochrane, le rapport de l’ANSES ou encore l’historique de preuves détaillée par une étude du centre britannique de recherche sur le cancer.

[3] Voir notamment l’étude du Pr. Bertrand Dautzenberg et coll.

[4] Le e-congrès annuel E-ADD sur les addictions prend notamment position en faveur du vapotage. Tout comme le RESPADD, l’INCa (Institut National du Cancer) ou l’association britannique de psychopharmacologie 

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