Le 31 mai 2026, comme tous les 31 mai, a lieu la Journée Mondiale Sans Tabac. L’occasion pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de véhiculer à grande échelle sa malhonnêteté intellectuelle.
Un concept fourre-tout
Comme l’édition de l’an passé, la Journée Mondiale Sans Tabac 2026 se concentre sur la problématique des jeunes. Et plus précisément sur les « tactiques de séduction » mises en œuvre par« les industries du tabac et de la nicotine » pour les « enfermer dans le cycle de l’addiction », comme on peut le lire sur son site internet [1].
Par principe de « protection de la jeunesse », ce concept ô combien fédérateur, l’OMS s’attaque ainsi indifféremment au tabac fumé, au vapotage et plus globalement aux produits de la nicotine.
Utiliser une cigarette électronique devient un danger de même ordre et priorité que le tabagisme. Si ce n’est plus. Aussi, sur sa page, l’OMS nous parle-t-elle en premier lieu des 15 millions d’adolescentes et d’adolescents qui utiliseraient une vape (selon son rapport mondial, daté du 6 octobre 2025). Quand quelques lignes plus tard apparaissent les chiffres du tabagisme chez ces mêmes adolescentes et adolescents : plus de 2 fois plus importants (40 millions).
« Cette année encore, l’World Health Organization focalise sa journée mondiale “anti-tabac” du 31 mai sur la nicotine et oublie celles et ceux qui veulent arrêter de fumer. La diabolisation de la nicotine se poursuit, avec le glissement des plaidoyers antitabac –> antivape –> antinicotine », dénonce notamment Philippe Arvers sur les réseaux [2].
Un appel politique aux restrictions
La thématique n’est évidemment pas anodine. En surfant sur la problématique du vapotage chez les jeunes (réelle, mais bien plus complexe que ce que veut bien nous faire croire l’OMS), cette dernière peut ainsi rapidement enchaîner sur ce qui l’intéresse vraiment : inciter les pays à restreindre et interdire davantage le vapotage.
Aussi, comme chaque année, l’OMS demande notamment :
- L’interdiction des arômes
- Le paquet neutre
- Des lieux publics sans tabac ni nicotine
- Une taxation plus sévère
Le tout, nous dit-elle, pour « briser le cycle de l’addiction nicotinique ». Sauf qu’une fois encore, l’OMS se trompe de priorité : briser ce cycle ne commence pas par la vape. Cela passe par l’éradication du tabagisme, seul produit de la nicotine à tuer. Et ce n’est pas en tapant sur les produits nicotinés qui aident justement à sortir des dangers de la combustion que le cycle sera brisé. Il n’en sera que renforcé, comme le montrent tous les pays qui se sont engagés dans cette voie [3].
Par idéologie plus que par protection
Bien loin de son principe premier (protéger les populations des dangers avérés du tabagisme), l’Organisation mondiale de la Santé semble plus soucieuse aujourd’hui de suivre à la lettre les idéologies portées par son ambassadeur, M. Michael Bloomberg.
Récemment, d’ancien·ne·s responsables de l’OMS ont d’ailleurs critiqué ouvertement cette prise de position contre les produits de réduction des risques. Rappelant qu’il n’existe aucune justification scientifique appuyant de tels discours et de telles recommandations. Et appelant l’organisation à regagner en éthique et en rigueur.
Sources
[1] Journée mondiale sans tabac 2026, 31 mai, Organisation mondiale de la Santé
[2] Post Linkedin de Philippe Arvers, semaine du 18 mai 2026.
[3] Pour exemple : ceux des USA, qui ont vu les ventes de cigarettes augmenter suite aux restrictions aromatiques ; de l’Australie, qui mène une politique bien moins efficace que la Nouvelle-Zélande, ou encore plus récemment de l’Argentine, qui a choisi de légaliser la vape après 15 ans d’interdiction en réalisant les effets pervers qu’une telle mesure a engendré.





