Le 2 juillet 2026, l’Assurance Maladie a émis plusieurs propositions au ministère chargé de la Sécurité Sociale et au Parlement français pour “améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses”, dont une visant à interdire la cigarette aux prochaines générations.
On analyse sans attendre la proposition d’interdiction générationnelle de fumer de l’Assurance Maladie.
“L’effort doit porter en priorité sur la jeunesse”
Pour l’Assurance Maladie, il est clair que la France peut faire mieux en matière de lutte contre le tabagisme. Notamment chez les personnes mineures.
Comme elle l’indique dès la page 59 de son rapport [1], la France reste l’un des pays de l’OCDE qui compte le plus de fumeurs quotidiens parmi la population âgée de 15 ans et plus. Avec une diminution de la prévalence tabagique des jeunes bien moins marquée ces dernières années.


Citant l’initiative d’interdiction générationnelle de fumer portée par de nombreux pays, dont Les Maldives et le Royaume-Uni qui l’ont récemment entérinée, l’Assurance Maladie plaide pour l’instauration d’une telle loi en France, dès 2027.
Une mesure qui permettrait notamment de réduire massivement les effets néfastes du tabac fumé sur la santé. De même que son coût économique et social.
Rappelons qu’en plus d’être la première cause de décès évitable en France, le tabagisme est l’un des principaux facteurs de risque de bien des maladies, affections et cancers, dont la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), liée au tabagisme actif dans 80 % des cas. Un poids qui pèse lourd sur le système de santé français, entre programmes de prévention, dépistages et prises en charge.
Rien que pour l’année 2019, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) estimait ainsi le coût social du tabac à 156 milliards d’euros [2].
« Malgré tout ce qui a été fait (affichages sur les paquets, hausse des prix…) on reste mauvais par rapport à nos voisins », s’est ainsi exprimé le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, lors d’une conférence de presse. La France est « capable de faire cela », a-t-il ajouté concernant l’interdiction générationnelle de fumer.
Un projet de plus en plus soutenu en France
Le 18 novembre 2025 déjà, le député écologiste Nicolas Thierry portait une telle proposition de loi à l’Assemblée. Recueillant un soutien transpartisan, avec plus de 40 co-signataires, tout horizon politique confondu. Depuis lors, cette proposition est toujours dans l’attente de traitement par l’Assemblée.
Remise sur le devant de la scène par le rapport 2026 de l’Assurance Maladie, qui a notamment vocation à « éclairer les débats » budgétaires de l’automne, elle fera peut-être l’objet de discussions plus poussées à la rentrée.
À en croire Mme la Ministre de la Santé, Stéphanie Rist, invitée de la matinale “Bonjour !” sur TF1, le vendredi 3 juillet 2026 [3], au lendemain de la sortie du rapport de l’Assurance Maladie, cette proposition recevrait son total soutien :
« J’avais pu le dire quand j’étais rapporteure du budget de la Sécurité Sociale, j’y étais déjà favorable. Et donc je le reste évidemment. À titre personnel comme en tant que Ministre de la Santé »
Sources
[1] Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses, rapport soumis au vote du conseil de la CNAM, Propositions de l’Assurance Maladie pour 2027, Juillet 2026.
https://www.assurance-maladie.ameli.fr/sites/default/files/2026-07_rapport-propositions-pour-2027_assurance-maladie.pdf
[2] Le coût social des drogues : estimation en France en 2019, OFDT, Juillet 2023.
https://www.ofdt.fr/publication/2023/le-cout-social-des-drogues-estimation-en-france-en-2019-511
[3] Bonjour ! La matinale TF1 du 3 juillet 2026
https://tv-programme.com/bonjour-la-matinale-tf1-magazine/replay/bonjour-la-matinale-tf1-du-3-juillet-2026-R6a47895206fee





