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La désinformation sur la vape doit cesser : l’alerte des spécialistes britanniques

C’est loin d’être la première fois que des spécialistes britanniques lancent l’alerte sur ce point : mais au regard des données de juillet 2026 produites par l’Action on Smoking Health (ASH), nul doute que la désinformation sur la vape s’intensifie. Et qu’un rappel s’impose.

Plus d’une personne sur 2 dans le faux

En moyenne, 54 % des adultes estiment le vapotage tout aussi dangereux, si ce n’est plus, que le tabagisme. Et 52 % des adultes fumeurs partagent cet avis. Ces chiffres, tirés de l’enquête 2026 de l’ASH sur le tabagisme et le vapotage des adultes en Grande-Bretagne, dépeint une triste réalité. Plus exacerbée encore chez les personnes exclusivement fumeuses (61 %). Mais également bien présente chez des personnes vapoteuses, qui ont arrêté la vape depuis (58 %).

Étrangement, plus les preuves rassurantes s’amoncèlent, plus les perceptions sur la vape se dégradent.

Avant 2020, seuls un peu plus de 2 adultes de Grande Bretagne sur 10 jugeaient le vapotage aussi nocif, voire plus, que le tabagisme, note l’ASH. Depuis 2024, cette opinion erronée a largement progressé, et est désormais partagée par plus d’un adulte sur deux.

Et la Grande Bretagne est loin d’être un cas isolé.

Qu’il s’agisse de notre propre étude de 2023 avec l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP), de celles effectuées par BVA pour la SOVAPE [1] ou encore du sondage OpinionWay d’avril 2026 pour la Fédération Interprofessionnelle de la Vape (FIVAPE) [2]En France, tous décrivent la même tendance. Avec plus de 50 % de personnes désinformées, pensant à tort que le vapotage n’est pas moins risqué que le tabagisme pour la santé.

Le ras-le-bol des spécialistes

Face à cette montée en force de la désinformation et de la démagogie, les spécialistes sont nombreux à s’insurger [3].

« Il est inquiétant de constater à quel point la perception du public concernant le vapotage est aujourd’hui en décalage avec les données scientifiques »

A par exemple déclaré Hazel Cheeseman, directrice générale d’Action on Smoking Health (ASH), suite à la publication du rapport 2026 de cette organisation caritative indépendante de santé publique, créée par le Royal College of Physicians.

« C’est une situation désolante. Deux fumeurs sur trois mourront d’une maladie liée au tabagisme s’ils ne cessent pas de fumer. C’est donc un problème de santé publique extrêmement urgent. Nous savons que les cigarettes électroniques sont un moyen très efficace d’aider les fumeurs à arrêter, il est donc important de corriger ces idées fausses »

A également indiqué le professeur Jamie Brown, directeur du groupe de recherche sur le tabac et l’alcool à l’University College London (UCL).

« Ces idées fausses dissuadent les fumeurs de passer à la cigarette électronique et leur ferment la porte à une solution relativement simple pour se débarrasser d’une habitude mortelle »

A aussi témoigné le professeur Peter Hajek, directeur de l’unité de recherche sur la santé et les modes de vie à l’Université Queen Mary de Londres et auteur de bon nombre de publications éminentes et respectées sur la vape.


Tous déplorent le manque de soutien des gouvernements. Et l’éthique pour le moins contestable des médias et de certaines associations antitabac.


« Ces 10 à 15 dernières années, les gens ont vu passer de nombreux reportages sur les méfaits des cigarettes électroniques, sans les replacer dans le contexte de la nocivité des cigarettes classiques»

Explique notamment le Pr. Brown.

« Certains militants antitabac semblaient croire, de manière contraire à l’éthique, qu’exagérer les méfaits du vapotage était justifié au nom d’une bonne cause »

Déplore le Pr. Hajek.

« Il est juste que le gouvernement britannique prenne des mesures pour réduire l’attrait et la disponibilité des cigarettes électroniques auprès des jeunes, tout en les protégeant des méfaits dévastateurs du tabac. Parallèlement, il est important de veiller à ce que les cigarettes électroniques restent accessibles aux millions de fumeurs au Royaume-Uni qui ont besoin d’aide pour arrêter »

Indique également Alizée Froguel, responsable des politiques de prévention chez Cancer Research UK (CRUK).


Cette désinformation constante sur la vape n’est pas sans conséquence, rappellent ces spécialistes britanniques : c’est pourquoi ils lancent l’alerte.


La désinformation sur la vape a de dangereuses conséquences, alertent les spécialistes

Comme l’étude 2026 d’Alexander Wu and al. a déjà pu le démontrer, plus de telles idées reçues sont véhiculées, diffusées et reprises par les médias et associations, plus les personnes fumeuses sont dissuadées de se tourner vers le vapotage. Et préfèrent rester sur la cigarette.

« Pour les fumeurs, ces idées fausses ont des conséquences bien réelles. Si une personne croit que le vapotage est aussi nocif que le tabagisme, elle sera moins encline à l’utiliser pour arrêter de fumer et plus susceptible d’arrêter le vapotage et de reprendre la cigarette. Ces deux situations sont bien plus néfastes pour sa santé »

Le résume très bien Mme Hazel Cheeseman.


Un constat largement partagé par les addictologues d’outre-Manche.


Lors du congrès E-ADD 2026, le psychiatre, addictologue et clinicien Wajdi Mehtelli plaidait ainsi pour un retour à l’équilibre (et à l’éthique). En livrant aux personnes fumeuses des informations claires, tant sur les risques du vapotage, que sur ses bénéfices.

« Il n’y a pas de publication ou de données nous parlant d’une toxicité ou d’une dangerosité majeure sur la vape. Le risque lié au tabac lui, est certain. Il n’y a pas de doute, pas d’hésitation

[…]

Il faudrait que l’on arrête de parler des risques et que l’on parle des bénéfices. Du plaisir qu’il y a à se libérer de l’addiction, à se libérer du tabac. Rendez-vous compte : en France, le coût du tabac s’élève à 150 milliards par an »


Sources


[1] https://www.sovape.fr/

[2] L-opinion-des-Français-sur-le-tabagisme-et-le-vapotage-avril-2026-OpinionWay-FIVAPE

[3] Majority of UK smokers wrongly believe vaping is as harmful as cigarettes, experts find, The Guardian, 5 July 2026

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