Une étude menée par l’IFOP du 1er au 18 août 2025, à la demande de OneshotMedia, met en lumière l’ampleur des achats non réglementés de tabac et de produits du vapotage en France. Réalisée auprès de 3 000 fumeurs et vapoteurs adultes, cette enquête dresse un constat préoccupant : la contrebande n’est plus un phénomène marginal, mais une pratique désormais courante pour une part importante des consommateurs.
Un recours massif aux achats hors du circuit légal
Si les bureaux de tabac restent la principale source d’approvisionnement des fumeurs quotidiens, ils ne sont plus le seul canal utilisé. Plus d’un fumeur sur deux reconnaît s’être tourné vers des sources alternatives au cours de l’année écoulée.
- 53 % des fumeurs interrogés déclarent avoir acheté du tabac à l’étranger.
- 23 % affirment s’être procuré des produits auprès de vendeurs de rue, de particuliers, via des sites illégaux ou sur les réseaux sociaux.
Le phénomène est particulièrement marqué chez les 18-34 ans, les habitants de l’agglomération parisienne, les résidents des zones frontalières, ainsi que chez les personnes aux revenus modestes (57 %).
La vape également touchée par la contrebande selon l’IFOP
L’étude montre que les vapoteurs ne sont pas épargnés. Une part significative d’entre eux se tourne également vers des circuits non officiels.
- 20 % des vapoteurs ont acheté des produits à l’étranger au cours des 12 derniers mois.
- 14 % ont eu recours à des vendeurs de rue, des particuliers ou des plateformes illégales.
Les utilisateurs de puffs sont particulièrement concernés, un phénomène que l’IFOP relie à leur récente interdiction en France. Là encore, les jeunes adultes, les hommes et les habitants de l’agglomération parisienne sont les plus représentés.
Les motivations : le prix avant tout
Les raisons avancées par les consommateurs sont sans ambiguïté.
Selon l’IFOP, la motivation principale est le prix, cité par 92 % des personnes concernées. Viennent ensuite :
- la facilité d’accès (78 %),
- la rapidité de livraison (64 %),
- la variété des produits (62 %),
- la disponibilité de références absentes du marché français (52 %).
Parmi les 60 % de répondants ayant déjà acheté en dehors des circuits traditionnels, plus de la moitié (33 %) le font régulièrement ou assez fréquemment.
Contrebande : selon l’IFOP, une tendance appelée à s’accentuer
L’étude révèle également un risque d’amplification du phénomène.
En cas de nouvelle hausse du prix du paquet de cigarettes, 53 % des fumeurs envisagent de se tourner davantage vers la contrebande.
Du côté des vapoteurs, 45 % déclarent qu’une augmentation du prix des e‑liquides les pousserait vers des canaux non réglementés.
Un enjeu sanitaire, économique et réglementaire
Ces résultats soulignent un double défi :
- sanitaire, car les produits de contrebande échappent à tout contrôle de qualité et de traçabilité ;
- économique, puisque ces achats privent l’État de recettes fiscales et fragilisent les acteurs légitimes du secteur.
L’étude IFOP, également utilisée dans le documentaire Tais-toi et fume – Le prix à payer, rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée : meilleure information du public, lutte renforcée contre les réseaux illicites et réflexion sur les politiques tarifaires.
Source : l’enquête IFOP commandé par OneshotMedia :
sondage-ifop-contrebande-aout-2025





