C’était une première mondiale pour le Royaume-Uni, qui savoure aujourd’hui la réussite de ce programme sans précédent : à travers son dispositif Swap to Stop (littéralement “échanger pour arrêter”), le pays a permis à des centaines de milliers de personnes de se sortir du tabagisme en adoptant la cigarette électronique.
Une politique qui porte ses fruits
En 2021, la Grande Bretagne comptait déjà 13 % de personnes fumeuses. Soit plus de deux fois moins qu’en France à l’époque.
Depuis 2024, le pays est passé en dessous de la barre des 10 %. Et surtout : il comptabilise désormais plus de personnes vapoteuses que de personnes fumeuses.
À l’origine de cette baisse drastique : non des politiques de taxation et d’interdiction, mais bien des politiques d’accompagnement et de promotion d’outils de réduction des risques comme le sont les produits de vapotage.
Des mesures pensées et préconisées par de véritables spécialistes en lutte antitababique. À l’image des Drs. Javed Khan et Peter Hajek par exemple.
Un véritable investissement dans l’accompagnement à l’arrêt
Déjà, entre 2021 et 2022, le gouvernement britannique avait attribué 68 millions de livres sterling aux autorités locales gérant les services d’arrêt du tabac, permettant à près de 100 000 personnes d’arrêter de fumer.
35 millions de livres sterling ont aussi été engagés dans le NHS, le National Health Service, le système de santé publique du pays. Le but : offrir un traitement tabagique à toutes les personnes fumeuses admises à l’hôpital.
Plus encore, le ministre de la Santé britannique, Neil O’Brien, a également mis en place des incitations financières à l’arrêt de la cigarette. En plus d’un soutien psychologique, certains publics cibles comme les femmes enceintes se sont vus offrir des bons pouvant aller jusqu’à 400 £ (soit environ 450 €) pour les motiver à arrêter de fumer.
Un dispositif novateur, appelé Swap to Stop
Mais ce qui a le plus fait la différence est sans nul doute ce dispositif inédit lancé par le Royaume-Uni : « Swap to stop » ou « échanger pour arrêter ».
L’objectif : distribuer gratuitement des kits de démarrage de vape aux personnes fumeuses. Tout en leur proposant un soutien comportemental en sus.
Un concept qui avait déjà fait ses preuves quelques années plus tôt dans le pays, auprès de patients présentant différents troubles de la santé mentale. Comme auprès des personnes sans-abri.
D’après une étude d’impact menée par le National Institute of Health and Care Research (NIHR) ¹, le dispositif Swap to Stop aurait déjà permis d’aider des centaines de milliers de personnes d’arrêter de fumer.
Entre décembre 2023 – date de lancement du programme Swap to Stop – et décembre 2024, les personnes fumeuses ont été de plus en plus nombreuses à expérimenter la vape. Et à se détacher de la combustion.
Un succès en tout point pour les spécialistes :
« Le tabagisme tue plus de la moitié de ses fumeurs réguliers ; par conséquent, même de petits changements de comportement peuvent avoir un impact considérable sur la population. Il est rassurant de constater un effet aussi net de cette initiative à l’échelle de la population, ce qui démontre que des programmes bien conçus peuvent inciter concrètement les gens à adopter des alternatives moins nocives » a ainsi témoigné la professeur Leonie Brose, expertes en toxicomanie et santé publique et co-auteure de l’étude en question.
« C’est une excellente nouvelle qu’environ 125 000 personnes en Angleterre aient tenté d’arrêter de fumer grâce à la cigarette électronique après la mise en place du programme d’aide au sevrage tabagique. Les utilisateurs de cigarettes électroniques ont environ 50 % plus de chances de réussir à arrêter de fumer que ceux qui utilisent des substituts nicotiniques, et l’arrêt du tabac réduit considérablement le risque de nombreuses maladies graves » a également déclaré la Dre Vera Buss, chercheuse principale en sciences comportementales à l’University College London et co-auteure de l’étude.
Un juste équilibre
À l’instar de la Suède ou encore de la Nouvelle-Zélande ², le Royaume-Uni contribue à prouver qu’une bonne politique de lutte antitabagique est une politique qui n’oublie pas le danger principal : la fumée du tabac, soit la combustion.
Si le pays fait tout pour tenir les jeunes générations éloignées des produits du vapotage, dédiés avant tout aux personnes adultes fumeuses, il n’en oublie pas le combat prioritaire. C’est pourquoi, parallèlement à des programmes d’accompagnement à l’arrêt, le pays tente aussi de faire passer une loi d’interdiction générationnelle de fumer.
Sources
¹ Government “Swap to stop” scheme sees approximately 125,000 more people using vapes to try and quit smoking cigarettes, King’s College London, 05 March 2026
² En Suède, on comptabilise deux fois plus de consommateurs et consommatrices de produits nicotinés sans fumée que de cigarettes. Ce, grâce au snus, au pouch de nicotine et à la cigarette électronique, qui maintiennent la population loin des dangers de la combustion.
En Nouvelle-Zélande, après des politiques répressives infructueuses, le gouvernement a changé de stratégie : en s’appuyant sur les produits de vapotage plutôt qu’en les interdisant, il a réussi à diminuer rapidement et drastiquement sa prévalence tabagique. Bien plus vite qu’en Australie, qui préfère la répression.





