Beaucoup doutent encore des preuves accumulées depuis plus d’une décennie sur la vape. En 2026, un collectif de 14 chercheuses et chercheurs, financé par le centre de recherche Cancer Research UK, s’est donc emparé de la question. Et a retracé près de 10 ans de preuves solides attestant de l’efficacité dans le sevrage, de la moindre dangerosité et de l’absence d’effets indésirables graves avec la cigarette électronique.
Mettre en lumière les preuves sur la vape
… Tel a été l’objectif de ce groupe de chercheuses et chercheurs, menés par le Professeur Angela Difeng Wu de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni. En introduction de leur étude, publiée le 26 mars 2026 dans la revue Addiction [1], on peut ainsi lire :
« Dans certains pays, comme le Royaume-Uni, la cigarette électronique est considérée comme un outil de sevrage tabagique, mais des incertitudes persistent à l’échelle internationale quant à savoir si ses avantages l’emportent sur ses risques potentiels. Dans ce contexte, cette synthèse a rassemblé les données probantes issues des revues systématiques sur l’efficacité et l’innocuité des cigarettes électroniques afin d’explorer et de lever ces incertitudes et divergences, et a recensé les études d’intervention primaires afin d’identifier les axes de recherche prioritaires »
Leur méta-analyse a inclus 14 revues systématiques probantes (méthodologie fiable et reproductible, données sourcées et consultables, critères d’inclusion, d’exclusion et d’évaluation précisés et valables…), toutes publiées entre 2013-2014 et 2023-2024. Soit près de 10 ans de recherches, pour une centaine d’études au total.
L’ensemble des études retenues l’ont été d’après des critères très précis :
- La population observée devait être constituée de personnes fumeuses, dont des femmes enceintes, motivées ou non par une démarche de sevrage tabagique ;
- L’un des outils proposés comme aide à l’arrêt devait être la cigarette électronique, qu’elle soit avec ou sans nicotine ;
- Le suivi devait être de 6 mois ou plus, avec mention de survenues ou non d’événements indésirables et calculs de différents facteurs (pression artérielle, taux de monoxyde de carbone, exploration fonctionnelle respiratoire, saturation en oxygène, mesures de toxines/cancérogènes connus, dans le sang ou l’urine).
Les preuves en question
D’après les données relevées, les auteur·e·s confirment le potentiel thérapeutique de la vape dans l’aide à l’arrêt de la cigarette. Et notamment :
- Que le vapotage (avec ou sans nicotine) s’avère plus efficace que les thérapies de substitution nicotinique (patchs, gommes, pastilles…) ;
- Que vapoter avec nicotine est associé à des taux plus élevés d’arrêt, en comparaison à la vape sans nicotine ;
- Que la varénicline (aussi appelée Champix®) serait au moins aussi efficace que la e-cigarette, si ce n’est plus ;
- Qu’une association vape + substitut nicotinique est plus efficace que les substituts seuls ;
- Qu’une association vape nicotinée + substitut nicotinique est plus efficace que de vapoter sans nicotine, avec appui d’un substitut nicotinique.
Concernant plus précisément les effets indésirables, iels ne relèvent aucune différence significative d’effets indésirables entre l’utilisation de la vape et l’utilisation d’autres thérapies (substituts, placebo, etc.).
Conclusion
Dans la continuité des éminentes revues systématiques Cochrane, cette synthèse nous rappelle aux faits.
Et pour ces chercheuses et chercheurs, il est clair que les preuves penchent en faveur de la vape. Iels espèrent que ces mises en lumière permettront de :
« dissiper certaines affirmations selon lesquelles les données probantes seraient « mitigées » concernant l’impact des cigarettes électroniques sur l’abstinence tabagique, compte tenu de la cohérence manifeste des résultats des méta-analyses »
Sources
[1] Wu AD, Conde M, Butler AR, Knight E, Lindson N, Livingstone-Banks J, et al. Electronic cigarettes for smoking cessation: An overview of systematic reviews and evidence and gap map. Addiction. 2026. https://doi.org/10.1111/add.70388




