Débuter dans la cigarette électronique peut être assez déboussolant. Entre les conseils donnés par les ami·e·s, les réticences de certains proches, les vidéos sur internet et les professionnel·le·s en boutique qui utilisent parfois un vocabulaire très technique, on emmagasine une multitude d’informations, parfois très contradictoires. Résultat : on se sent perdu, on doute, on utilise mal sa vape… et on préfère repartir sur la clope.
Pour éviter un tel cas de figure, on répond de suite aux 9 questions les plus couramment posées par les débutantes et débutants.
« Vapoter est-il vraiment moins dangereux que de fumer ? »
Oui.
D’après toutes les études réalisées depuis l’apparition de la cigarette électronique, il y a plus de 15 ans, le vapotage est considéré comme infiniment moins risqué que le tabagisme. De l’ordre de 95 % au moins.
Si la dangerosité du vapotage en comparaison au tabagisme reste l’une des plus grandes idées reçues à ce jour, bon nombre d’associations et de sociétés savantes le rappellent : il n’y a pas de plus grande menace que la cigarette.
Depuis 2025, c’est un point qui fait notamment consensus chez la Société Francophone de Tabacologie (SFT).
« Est-il vrai qu’il est mieux de débuter la cigarette électronique sans nicotine ou sous un petit taux ? »
Absolument pas.
En tant qu’ancienne personne fumeuse, vous avez besoin de nicotine pour vous éloigner durablement des dangers de la cigarette. La nicotine est ce qui vous a rendu dépendant, la combustion (fumée) du tabac est ce qui vous tue à petit feu. La priorité est donc d’arrêter la combustion. Ensuite la nicotine.
En débutant sans nicotine ou sous un taux inadapté à vos besoins, vous risquez de reprendre partiellement ou totalement la cigarette.
« Comment savoir la dose de nicotine dont j’ai besoin ? »
Il existe de nombreux tests et calculateurs permettant de mesurer votre dépendance. Et donc, le dosage nicotinique dont vous aurez besoin.
Le test de Fagerström est le plus connu et utilisé à ce jour.
Pour vous aider, vous pouvez également vous référer aux taux habituellement recommandés :
- ≤ à 6 mg/ml pour des personnes fumant environ 5 cigarettes par jour ;
- ≤ à 12 mg/ml pour des personnes fumant environ 10 cigarettes par jour ;
- ≤ à 16 mg/ml pour des personnes fumant environ 20 cigarettes par jour ;
- ≤ à 20 mg/ml pour des personnes fumant plus de 20 cigarettes par jour.
« Je tousse quand je vape, c’est normal ? »
Oui, au début du moins.
Comme l’explique très bien Tabac Info Service, fumer abîme les muqueuses, qui sont alors plus sensibles. Après l’arrêt de la cigarette, les bronches se remettent en fonction, ce qui peut provoquer une toux passagère, le temps que le corps s’adapte à l’absence de fumée, et à ce nouveau mode de consommation.
Toutefois, si la toux perdure, d’autres raisons sont à explorer. Un taux nicotinique trop élevé par exemple, peut irriter désagréablement. Abaisser légèrement son dosage ou passer aux sels de nicotine peut être une solution. Le propylène glycol (PG), également, n’est pas toléré par tout le monde de la même façon. C’est pourquoi il existe des alternatives à l’instar du propylène glycol végétal ou du Végétol®.
« Je continue à fumer quelques cigarettes, est-ce grave ? »
Oui et non.
Pour réduire totalement les risques liés au tabagisme, réduire sa consommation de cigarettes ne suffit pas. Il est impératif d’arrêter totalement de fumer.
Mais dans les premiers temps, il n’est pas si rare de voir un·e vapoteur·euse continuer de fumer à côté. Iel peut avoir du mal à résister en soirée, face à un stress ou des émotions intenses.
Rien ne sert de se flageller. Des ajustements s’imposent (augmenter son taux nicotinique, avoir des matériels différents selon les moments, coupler le vapotage à des thérapies de substitution nicotinique ou cognitivo-comportementales…). Pas à pas, l’arrêt définitif du tabagisme prend forme : il vous faut trouver la recette qui fonctionne pour vous.
« Je vapote tout le temps : suis-je plus addict qu’avant ? »
Absolument pas.
Si vous avez la sensation de vapoter plus que vous ne fumiez, c’est tout à fait normal. Car l’absorption de la nicotine n’est pas du tout la même avec la vape qu’avec une cigarette de tabac. Contrairement à ce que l’on peut entendre, vous ne consommez pas plus de nicotine. Vous avez simplement besoin de vapoter plus souvent pour atteindre le même niveau que celui procuré par la clope.
Mais si vous avez la sensation de vapoter davantage depuis que vous avez diminué votre taux nicotinique, c’est encore autre chose. Cela signifie peut-être que ce n’était pas le bon moment pour abaisser la dose, particulièrement si vous ressentez en prime des envies de fumer. Repassez à l’ancien taux, vous réessayerez plus tard !
« Peut-on tomber malade à cause d’un e-liquide ? »
Non, sauf si vous avez consommé un produit acheté illégalement sur le marché.
En France, tous les produits du vapotage respectent certaines normes strictes, construites (et fréquemment réévaluées et adaptées à l’état des connaissances scientifiques) afin d’éviter l’inhalation de substances avérées comme dangereuses et cancérigènes. En revanche, le marché noir n’est, par définition, soumis à aucune législation. C’est pourquoi il peut s’avérer extrêmement dangereux de choisir des produits clandestins.
Pour vous assurer de la meilleure qualité, choisissez des e-liquides français, voire des marques certifiées par l’AFNOR, l’Agence Française de Normalisation.
« Mon e-liquide a mauvais goût : d’où cela peut-il venir ? »
Au-delà des goûts propres à chacun, un e-liquide pour e-cigarette peut effectivement avoir mauvais goût. Cela doit vous indiquer plusieurs choses :
- Votre résistance est peut-être usagée. Une résistance se conserve en effet 2 à 3 semaines environ. Ensuite, elle doit être changée – ou le réservoir/la cartouche remplacé·e si la résistance est scellée à l’intérieur.
- Vous ressentez peut-être uniquement les effets de l’agueusie. Habitué à votre liquide, ce dernier n’a plus de goût pour vous. Alternez avec un autre pour réinitialiser vos papilles !
- Vous vapotez peut-être sous une puissance inadaptée à votre résistance. À chaque résistance correspond une place de puissance indiquée par le fabricant sur la résistance, sur le manuel d’utilisation ou sur son site. Il est primordial de respecter cette plage.
« Peu importe la cigarette électronique que je choisis pour débuter »
Faux.
Le matériel est aussi important que le e liquide qui l’accompagne pour réussir à arrêter de fumer. Ne prenez pas la première vapoteuse qui vient, encore moins votre ancienne, qui date de votre première tentative d’il y a plusieurs années. Rendez-vous plutôt en boutique, discutez avec un·e professionnel·le et pensez à vos besoins avant vos envies. Si le produit doit vous plaire, il doit surtout être adapté à votre profil tabagique pour vous aider efficacement !





