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Vapoter est-il vraiment 95 % moins risqué que fumer ?

On considère aujourd’hui que vapoter est à minima 95 % moins risqué que de fumer une cigarette. Une estimation que l’on doit à l’origine à un rapport de l’agence de santé britannique. Que vaut réellement ce chiffre ? Peut-on vraiment calculer la réduction des risques permise par le vapotage ? On s’attaque à cette lourde question dans notre article !

Pourquoi vapoter est 95 % moins risqué que de fumer d’après l’agence de santé britannique

L’origine de ce chiffre remonte à 2015. Le Public Health England (PHE), l’agence de santé britannique, publie alors un rapport de 113 pages sur la cigarette électronique [1]. L’objectif : dresser un état des lieux du vapotage au Royaume-Uni. De son utilisation à ses perceptions en passant par ses implications sanitaires et législatives.

En introduction, le directeur général de l’époque, Duncan Selbie, y indique :

« En résumé, les meilleures estimations montrent que les cigarettes électroniques sont 95 % moins nocives pour la santé que les cigarettes classiques, et, lorsqu’elles sont accompagnées d’un service d’aide à l’arrêt du tabac, elles aident la plupart des fumeurs à arrêter complètement le tabac »

Au cœur de cette découverte, 6 éminentes chercheuses et chercheurs britanniques du King’s College et de l’université de Londres : Ann McNeill, Leonie Brose, Rob Calder, Sara Hitchman, Peter Hajek et Hayden McRobbie.

Leur étude inclut les résultats d’un précédent rapport du PHE, publié en 2014 [2], les nouvelles publications probantes sorties au cours de l’année et différentes enquêtes nationales.

Et, parmi les centaines d’études analysées, une étude s’est plus particulièrement attachée à estimer les risques liés aux produits nicotinés : celle de Nutt and al. [3].


L’étude à l’origine du chiffre


En 2014, un groupe constitué de 12 experts internationaux est réuni par le Comité scientifique indépendant sur les médicaments. Leur mission : élaborer un modèle d’analyse permettant d’estimer « l’importance relative des différents types de dommages liés à l’utilisation de produits contenant de la nicotine ».

Le groupe a ainsi défini 12 produits et 14 critères de préjudice. 7 pour les préjudices subis par l’utilisateur·trice. 7 autres pour ceux subis par autrui. Partant des données disponibles, ils ont ensuite attribué une note pour chaque critère à chaque produit, de 0 (absence de risque) à 100 (risque le plus élevé).

La moyenne pondérée des scores a alors permis d’obtenir un score global unique pour chaque produit. Les cigarettes sont arrivées en tête, avec une note de 100/100. Suivies de près par les autres produits du tabac combustible (cigares, cigarillos, pipes…). Puis des produits du tabac à chauffer. Et enfin, les produits nicotinés sans combustion, dont la cigarette électronique, avec une échelle de risques estimée à 5/100. Soit 5 %.

Un chiffre discutable, mais une réalité incontestable

Si l’on peut effectivement objecter – comme certains l’ont fait – que ce chiffre se base avant tout sur cette étude de 2014, bien d’autres recherches ont été menées depuis. Attestant, si ce n’est d’un pourcentage exact, de l’effective réduction des risques permise par le vapotage en comparaison au tabagisme.

D’ailleurs, cette prise de conscience ne date pas de la e-cigarette. En 1991, le professeur Michael Russell, éminent spécialiste anglais du sevrage tabagique, écrivait déjà :

« Ce n’est pas tant l’efficacité des nouveaux systèmes d’administration de nicotine comme aides temporaires au sevrage, mais leur potentiel en tant qu’alternatives à long terme au tabac qui fait de l’élimination quasi totale du tabac un objectif réaliste »

Dans son étude sur l’avenir des substituts nicotiniques, il recommandait ainsi que « le tabac soit rapidement remplacé par des sources de nicotine plus propres et moins nocives » [4].

Près d’une demi décennie plus tard, ce constat est toujours valable. Les plus éminentes et éminents tabacologues et addictologues du monde recommandent à leurs patientes et patients fumeurs de se tourner vers des solutions sans fumée pour leur sevrage et leur santé. Et, dans ce cadre, à ne pas hésiter à utiliser une vapoteuse.

En résumé

Le cœur du débat n’est donc pas tant de poser un chiffre exact sur les risques liés à la vapote, mais de bien comprendre, comme le mettent en avant l’écrasante majorité des études à ce jour, où se situe le plus grand risque. Et ce dernier est incontestablement du côté des produits du tabac à fumer, concluent-elles. Précisément parce qu’ils en appellent à la combustion.

Aussi, les conclusions du premier rapport établi par l’agence de santé britannique, en 2014, sont-elles toujours aussi parlantes :

« Globalement, les risques liés à l’utilisation des produits actuellement sur le marché sont probablement extrêmement faibles, et certainement bien inférieurs à ceux du tabagisme »

C’est pourquoi, dans les rapports qui ont suivi, l’agence a continué de rappeler très justement que si le vapotage n’est pas sans risque, il présente toujours des risques bien moindres que le tabagisme.

Parce que c’est ce que montrent les études encore à ce jour : toute solution nicotinée sans fumée est préférable au tabac fumé. Et la cigarette électronique ne fait pas exception.


Sources


[1] Ecigarettes_an_evidence_update_A_report_commissioned_by_Public_Health_England_2015 Portable Document Format — Wikipédia

[2] Electronic_cigarettes_rapport_PHE_Britton_2014 Portable Document Format — Wikipédia

[3] Nutt, D.J., et al., Estimating the harms of nicotine-containing products using the MCDA approach. European addiction research, 2014. 20(5): p. 218-225. URL : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24714502/

[4] Russel, M.A.H., The future of nicotine replacement. British Journal of Addiction, 1991. 86(5): p. 653-658. URL : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1859935/

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