Au 1er janvier 2026, le prix du tabac en France a connu une nouvelle hausse. Cigarettes comme tabac à rouler sont concernés, de quelques centimes à 50 centimes selon les marques. Comme à chaque fois, la mesure se veut dissuasive. En augmentant régulièrement les tarifs, le gouvernement s’attend à ce que les gens arrêtent de fumer. Mais, après plusieurs décennies de politiques fiscales sans réels impacts sur la prévalence tabagique du pays, force est de constater que la méthode ne fonctionne pas.
Ce qui marche en revanche ? La réduction des risques, via des outils comme la vape ou les sachets “pouches” de nicotine. On vous explique précisément pourquoi et les avantages à passer par de telles alternatives pour arrêter de fumer.
Pourquoi augmenter le prix du tabac ?
C’est depuis longtemps la mesure phare du gouvernement pour lutter contre le tabagisme en France.
Sous Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron, le prix du paquet de cigarettes n’a cessé d’augmenter chaque année, passant de 3,2 euros en 2000 à plus de 13 euros ou presque en 2026.
À en croire le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT), cette mesure est d’ailleurs « la plus efficace pour réduire la prévalence du tabagisme à grande échelle ». Pourtant, ce n’est pas vraiment ce que disent les chiffres…


Stagnant à plus de 29 % de tabagisme quotidien entre 2000 et 2016, la France a connu une baisse drastique du nombre de personnes fumeuses… dès que le vapotage est entré dans l’équation. Soit en 2017, année de la démocratisation de la cigarette électronique en France.
Ce n’est donc pas la hausse du prix du tabac seule qui a conduit à une baisse globale de la prévalence tabagique en France, mais bien la combinaison de plusieurs facteurs. Que notre gouvernement se refuse à reconnaitre. Les œillères bien en place, chaque successeur·e à la santé et au gouvernement perpétue la même ligne politique lorsqu’il est question de lutte antitabac : la répression avant tout. En témoigne le programme national de lutte contre le tabac (PNLT) de 2023-2027.
Pourtant, comme le rappellent les plus éminent·e·s expert·e·s de la lutte antitabagique, les politiques fiscales ou répressives actuelles montrent de grandes limites. Non seulement les augmentations ne sont pas assez franches pour avoir un réel impact sur les fumeur·se·s, mais elles contribuent également à creuser encore les inégalités, en précarisant les personnes les plus marginalisées et à risque.
« Les économistes ont montré depuis très longtemps que pour diminuer le tabagisme de 10%, il faut augmenter le prix du tabac de 20%. Sinon il y a une espèce d’élasticité : les gens s’habituent à l’augmentation »
– Dr. Anne Borgne, tabacologue française, praticienne depuis 1989« Un des déterminants est un déterminant social. C’est-à-dire qu’il y a un gradient social : les personnes cadre, fortement éduquées, à hauts niveaux de revenus, ont beaucoup baissé leur consommation de cigarettes. Tandis que les ouvriers – et les femmes ouvrières en particulier – moins hauts dans l’échelle sociale, ont plutôt eu tendance soit à l’augmenter soit à la diminuer moins fortement que le reste de la population. C’est vrai en France et dans toute l’Europe »
– Pr. Antoine Flahault, épidémiologiste français, directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l’université de Genève
C’est pourquoi ces expert·e·s réclament aujourd’hui un changement drastique de stratégie. Basée sur des produits de réduction des risques qui ont déjà fait leurs preuves.
Quelles meilleures solutions à la hausse du prix du tabac ?
Des pays comme la Suède et le Royaume-Uni l’ont expérimenté avec succès. Le premier compte près de 5 % de tabagisme dans le pays. Le second comptabilise désormais plus de vapoteurs que de fumeurs grâce à ses politiques pragmatiques.
À eux deux, ils ne cumulent même pas la prévalence tabagique de la France qui, bien qu’ayant connu une baisse drastique en 2024, s’élève toujours à plus de 25 % (tabagisme quotidien + occasionnel).
Leur botte secrète ? S’appuyer sur les produits de réduction des risques pour accompagner la transition des personnes fumeuses.
Le vapotage
Au Royaume-Uni, un programme inédit a été lancé par le gouvernement : “swap to stop” ou “échanger pour arrêter” en français. En plus d’un accompagnement à l’arrêt du tabac, les personnes fumeuses reçoivent un kit de démarrage de vape gratuit.
Car le pays ne le sait que trop bien, pour le lire chaque année dans les rapports qu’il commandite [1] : le vapotage reste à minima 95 % moins nocif que le tabagisme. Et plus efficace encore que bien d’autres alternatives nicotinées [2].
En France, cette démarche est suivie de près par les addictologues et tabacologues, de plus en plus nombreuses et nombreux à conseiller la vape à leurs patients, et à mettre en place des services d’accompagnement dédiés [3]. Et les résultats sont à chaque fois là.
Notes
[1] Accéder au dernier rapport 2022 de l’Office britannique pour l’amélioration de la santé et des disparités : https://www.gov.uk/government/publications/nicotine-vaping-in-england-2022-evidence-update
[2] Voir la dernière méta-analyse de l’Institut britannique Cochrane sur l’efficacité du vapotage : https://www.jesuisvapoteur.org/10e-mise-a-jour-cochrane-les-certitudes-sur-lefficacite-et-la-surete-de-la-vape-encore-renforcees/
[3] Lire notamment le témoignage du docteur Christophe Cutarella, addictologue et psychiatre : https://www.jesuisvapoteur.org/cigarette-electronique-l-avis-du-docteur-cutarella-psychiatre-addictologue-tabacologue
Les sachets “pouches” de nicotine
En Suède, l’exemple est encore plus frappant. Grâce à la vape, mais surtout au snus et aux sachets “pouches” de nicotine, le pays n’a même plus besoin d’en passer également par une hausse du prix du tabac. Les cigarettes sont d’ailleurs les moins chères de toute la Scandinavie. Et pourtant, les Suédoises et Suédois s’en désintéressent [4].
Ils ont, d’une part, conservé un produit qui a été interdit partout ailleurs en Europe : le snus, ce petit sachet composé de tabac, à placer sous la gencive. Et ils ont, d’autre part, inventé son digne successeur, sans tabac cette fois : le sachet “pouche” de nicotine. C’est ce dernier que l’on retrouve depuis plusieurs années en France. Et que le gouvernement s’évertue à vouloir prohiber.
Pourtant, si on analyse le produit d’après les bénéfices apportés à la santé publique, difficile d’y voir autre chose qu’un intéressant outil de réduction des risques [5]. Comme la cigarette électronique, le sachet pouche supprime tous les dangers liés à la combustion. Contrairement à la vape, il n’a d’ailleurs aucun aérosol. Autrement dit, il ne produit ni fumée ni vapeur, il fonctionne à l’instar des produits de la nicotine orale (comprimés, pastilles, gommes…).
Notes
[4] Pour plus de détail sur la méthode suédoise, on vous renvoie au reportage Tais-toi et fume !, partie 1, sur la chaîne YouTube Origines : https://www.youtube.com/watch?v=c3QYWzLvqXc
[5] C’est notamment ce qu’est venu démontrer le collectif suédois Smoke Free Sweden le 8 mai 2024, à travers son rapport No Smoke Less Harm : https://www.jesuisvapoteur.org/vapotage-et-sante-en-suede-la-reduction-des-risques-fonctionne
Les stratégies combinées
Dans l’arrêt du tabac, ce qui fonctionne le mieux ne se résume pas forcément à un seul choix. Ce n’est pas d’un côté les substituts nicotiniques officiels, et de l’autre, les produits alternatifs nicotinés.
Comme l’a montré un collectif normand en 2024, confirmé depuis par la Société Francophone de Tabacologie (SFT), patch et vape sont tout à fait compatibles par exemple. Ensemble, ils augmentent drastiquement les chances de réussite d’un sevrage, particulièrement chez les fumeur·se·s les plus addict·e·s à la cigarette.
Et cela vaut aussi en matière de politiques antitabac. Il ne s’agit pas de choisir entre tout ou rien, mais bien d’expérimenter puis d’adapter les stratégies en fonction des résultats observés. Encadrer justement les produits alternatifs afin d’éviter des dérives et assurer leur bonne utilisation auprès des fumeurs est une chose, les interdire ou les taxer en est une autre.
C’est une fois ce juste milieu trouvé que nous aiderons au mieux les personnes fumeuses. Lorsque nous en aurons terminé avec cette volonté de culpabilisation et que nous nous mettrons vraiment à écouter et à informer.
En résumé
Contrairement à ce qu’aiment nous rabâcher les pro-taxes, il existe bien d’autres solutions pour lutter contre le tabagisme qu’une simple hausse annuelle du prix du tabac.
Promouvoir le vapotage auprès des concerné·e·s, mettre en place des réglementations différenciées pour les produits de réduction des risques, informer les populations… voilà autant de stratégies qui s’avèrent également pertinentes et profitables à la lutte antitabagique et à la santé publique.
Les vapoteurs les premiers vous le diront.
Ami·e·s fumeur·se·s, cette année 2026, n’hésitez donc pas à prendre de bonnes résolutions.
Informez-vous sur la vape et toutes les autres possibilités de sevrage qui existent à ce jour, fiez-vous à l’expertise de véritables professionnels de terrain, creusez encore le sujet pour en évacuer toutes les idées reçues…
Et invitez vos proches, vos professionnel·le·s de santé et vos politicien·ne·s à faire de même !





