Plus la désinformation sur la vape est présente dans l’espace public et médiatique, plus les fumeuses et fumeurs se ravisent à utiliser la cigarette électronique pour se sevrer. C’est du moins ce que tend à montrer une étude d’Alexander Wu and al., publiée le 11 mars 2026 dans la revue Nicotine & Tobacco Research. Focus scientifique.
Objectif et méthodologie
Un collectif de 9 chercheuses et chercheurs du UT Southwestern Medical Center a souhaité savoir s’il existait une corrélation entre la désinformation sur la vape et son adoption ou non chez les fumeuses et fumeurs ¹.
Partant des données recueillies par l’enquête américaine sur les tendances nationales de l’information sur la santé, la Health Information National Trends Survey (HINTS) ², leur étude a ainsi retracé l’évolution de la perception des risques liés aux e-cigarettes par rapport aux cigarettes classiques sur la période 2012-2022. Ainsi que les facteurs influençant cette perception.
Au total, 20 771 répondants à l’enquête ont été inclus dans l’analyse, publiée le 11 mars 2026 dans la revue Nicotine & Tobacco Research.
La vape 10 fois plus mal vue qu’il y a 10 ans
Les preuves scientifiques sont de plus en plus nombreuses à attester de sa moindre nocivité. Comme de sa haute efficacité dans le sevrage tabagique.
Pourtant, les auteur·e·s relèvent 10 fois plus d’adhésion à l’idée reçue selon laquelle la vape est plus nocive que la cigarette. En 2012, 2,8 % des américaines et américains seulement le pensait. En 2022, ils étaient 30,4 %.
Parallèlement, la perception selon laquelle vapoter est moins nocif que de fumer a, elle, largement diminué. Passant de 50,7 % à 16,7 %.
Pour les auteur·e·s, il y a une correspondance directe entre la crise faussement appelée EVALI (et attribuée à tort à la ecigarette), le début des campagnes anti-vapotage aux États-Unis et la montée de ces fausses croyances sur la nocivité de la vape.
Une désinformation qui pourrait mettre à mal la vape chez les fumeurs
Ces idées reçues à l’égard des cigarettes électroniques pourrait dissuader certaines personnes de les utiliser comme outil de sevrage tabagique. Ou les inciter à privilégier les cigarettes classiques, alertent ainsi les auteur·e·s.
« Nos conclusions montrent la nécessité de trouver un équilibre dans les messages de santé publique qui dissuadent les jeunes d’utiliser l’un ou l’autre produit tout en veillant à ce que les adultes qui fument aient accès à des informations précises sur les risques liés aux produits et les options de sevrage »
Quelques semaines avant la publication de cette étude, l’association britannique de psychopharmacologie publiait ses nouvelles recommandations pour 2026. Appelant notamment les professionnel·le·s de santé à proposer le vapotage en première intention aux personnes fumeuses. Au même titre que les substituts nicotiniques et les solutions médicamenteuses.
Sources
¹ Alexander Wu, Sumin Son, Matthew Lee, Sandi L Pruitt, Chul Ahn, David Balis, John D Minna, Cristina Thomas, David E Gerber, Association of Vaping-Related Events with Relative Harm Perceptions of E-Cigarettes, Nicotine & Tobacco Research, 2026;, ntag024, https://doi.org/10.1093/ntr/ntag024
² Toutes les données des enquêtes sur le site officiel du gouvernement : https://hints.cancer.gov/





