Sous couvert d’engagement pour la santé cardiovasculaire, le plan européen « Safe Hearts » reprend ces mesures anti vape depuis longtemps souhaitées par la Commission.
Interdiction des arômes, limitation du taux maximal de nicotine autorisé ou encore taxation… l’objectif est clairement énoncé :
« Que tous les produits nicotiniques non médicinaux, y compris les sachets de nicotine, le tabac sans fumée et les cigarettes électroniques, soient pleinement inclus dans le champ d’application de la directive sur les produits du tabac et soumis aux mêmes règles que les autres produits du tabac en matière de limites d’âge, d’arômes, de teneur en nicotine, d’emballage et de commercialisation »
Qu’est-ce que le plan « Safe Hearts » ?
Le plan « Safe Hearts » (pour « Cœurs sûrs ») se veut une réponse stratégique au principal défi sanitaire de l’Union européenne aujourd’hui : les maladies cardiovasculaires.
Ces dernières représentent en effet la première cause de mortalité et d’invalidité dans l’UE. On estime qu’elles affectent près de 62 millions de personnes. Dont 1,7 million en décèdent chaque année.
Parmi les principaux déterminants des maladies cardiovasculaires, on retrouve : le surpoids et l’obésité (avec une prévalence du diabète, du cholestérol ou encore de l’hypertension en nette augmentation ces dernières années), l’alcool, mais aussi le tabagisme.
Prévenir et combattre le tabagisme par des lois anti vape ?
De mi-août à mi-septembre, la Commission européenne avait lancé un appel à contribution. Le collectif JeSuisVapoteur y a notamment participé, rappelant l’importance scientifique et avérée des outils de réduction des risques dans la baisse du tabagisme. Et donc, des maladies cardiovasculaires.
Mi-décembre 2025, la Commission européenne a livré ses premières pistes pour une Europe en meilleure santé cardiovasculaire [1]. Dans ce plan « Safe Hearts », elle dit s’appuyer sur trois piliers : la prévention, le dépistage précoce et le traitement et les soins.
Pourtant, lorsqu’il s’agit des produits nicotinés sans combustion, le plan « Safe Hearts » se transforme en véritable plaidoyer anti vape. Avec un argument phare tout trouvé : la protection de la jeunesse.
À contre-courant de toutes les données scientifiques [2], la Commission déclare ainsi :
« De nouvelles données mettent en évidence les risques sanitaires associés à ces produits et suggèrent qu’ils peuvent constituer une porte d’entrée vers la dépendance à la nicotine et la consommation de tabac traditionnel. Afin de protéger en particulier les jeunes des effets nocifs du tabac et des produits apparentés, la Commission prend en compte ces évolutions et tendances du marché dans le cadre de son évaluation continue du cadre législatif en matière de lutte antitabac »
Jouant toutes ses cartes sur le problème de l’attractivité de la vape, et des soi-disant dangers de la nicotine en général (or substituts nicotiniques, qui échappent de fait à cette définition étrangement, bien qu’ils contiennent des arômes et la même nicotine), la Commission européenne en appelle donc à :
- Harmoniser la fiscalité des produits du vapotage et de la nicotine aux produits du tabac à fumer ;
- Adopter un cadre législatif aussi sévère que celui pour les produits du tabac à fumer.
Ce à quoi bon nombre de parlementaires européens semblent malheureusement adhérer également.
Le Parlement européen valide les mesures anti vape du plan « Safe Hearts »
Consulté mi-janvier, le Parlement européen s’est positionné en soutien aux propositions de la Commission européenne.
Dans son rapport [3], il préconise de soumettre tous les produits nicotinés à la même réglementation que les cigarettes. Niant la distinction primordiale qui existe pourtant entre ces produits.
Et souligne notamment :
« L’importance de mesures réglementaires fortes pour réduire l’accessibilité financière, l’attrait et la nocivité des produits du tabac et de la nicotine, des produits du tabac chauffé, des cigarettes électroniques et des sachets de nicotine, notamment par l’interdiction des arômes, la limitation de la concentration en nicotine et une taxation effective par accise »
Comme le déplore la World Vapers Alliance dans un communiqué en date du 23 janvier 2026 [4], les plus hautes instances de l’Europe continuent de s’enliser dans la désinformation.
Elle dénonce une « croisade anti-scientifique qui ignore le succès avéré de la réduction des risques ».
Un chemin tout tracé pour la révision prochaine de la TPD
Voilà qui donne un petit aperçu des propositions qui seront défendues par l’UE ces prochains mois, lors de la révision de la Directive des Produits du Tabac (TPD).
Pour rappel, la Commission européenne souhaite légiférer rapidement sur le sujet, d’ici mi-2026, pour une application au plus tôt dans les États membres.
Notre mobilisation ne doit pas s’essouffler. Tout se joue maintenant, à l’échelle européenne.
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Sources
[1] COMMUNICATION FROM THE COMMISSION TO THE EUROPEAN PARLIAMENT, THE COUNCIL, THE EUROPEAN ECONOMIC AND SOCIAL COMMITTEE AND THE COMMITTEE OF THE REGIONS on an EU cardiovascular health plan: the Safe Hearts Plan, COM(2025) 1024 final, European Commission, Strasbourg, 16.12.2025
➡️Version PDF : communication-european-commission-safe-hearts-december-2025
[2] La théorie de l’effet passerelle continue d’être réfutée par la Science. Toutes les données indiquent que la vape ne mène pas au tabagisme, mais accélère plutôt sa chute, dans toutes les catégories d’âge confondues.
[3] DRAFT REPORT on an EU cardiovascular diseases strategy (2025/2132(INI)), Committee on Public Health, 19.1.2026
➡️Version PDF : draft-report-european-parliament-safe-hearts-january-2026
[4] European Socialists Call for Draconian Restrictions on Nicotine Products, World Vapers Alliance, 23.1.2026





