La vape devrait être proposée en première intention aux personnes fumeuses estime l’association britannique de psychopharmacologie
Dans ses recommandations 2026 pour la prise en charge pharmacologique de la dépendance aux substances, l’association britannique de psychopharmacologie (ou British Association for Psychopharmacology) invite les professionnel·le·s de santé à proposer la vape en première intention aux personnes fumeuses. Au même titre que les substituts nicotiniques ou la varénicline.
Présentation et remise en contexte
Avec le National Institute for Health and Care Excellence (NICE), l’association britannique de psychopharmacologie (BAP) fait partie des sociétés savantes les plus estimées et suivies par les professionnel·le·s de santé au Royaume-Uni.
Régulièrement, elle met à jour ses recommandations concernant les bonnes pratiques de prescription. En février 2026, elle a ainsi actualisé celles concernant le traitement des dépendances ¹, avec un volet spécifiquement dédié à la dépendance nicotinique.
Pour parvenir à un consensus sur les recommandations clés, les auteur·e·s ont recherché et synthétisé diverses données probantes. Provenant toutes de publications récentes, de revues systématiques ou encore de recommandations nationales.
L’association britannique de psychopharmacologie et la vape
Conformément au rapport 2024 du Royal College of Physicians (RCP) ², la British Association for Psychopharmacology classe l’administration de la nicotine en 4 catégories de produits, « qui diffèrent considérablement par leur potentiel de dépendance et leurs risques pour la santé » :
Les produits du tabac combustibles (cigarettes, cigares, cigarillos…), les plus nocifs pour la santé ;
Les produits du tabac non combustibles (tabac à mâcher, tabac à priser, snus…). Ces derniers présentent un profil de risque plus faible du fait de l’absence de combustion. Bien qu’ils contiennent encore du tabac ;
Les produits du tabac à chauffer (PTC), également sans combustion, mais dont on ne connait pas encore bien le « bénéfice significatif en matière de réduction des risques », alerte-t-elle ;
Les produits nicotiniques sans tabac et sans combustion (substituts nicotiniques, sachets de nicotine oraux et cigarettes électroniques).
Pour l’association britannique de psychopharmacologie, la vape – comme les sachets pouches – font donc partie de ces solutions d’aide à l’arrêt du tabac fumé, au même titre que les thérapies de substitution nicotinique (TSN).
Concernant plus spécifiquement la vape, elle relève :
Une meilleure efficacité dans la réussite du sevrage, en comparaison aux substituts nicotiniques (appui revue systématique Cochrane, avec un « niveau de preuve élevé », précise-t-elle) ;
L’importance d’une variété des saveurs, qui « peut faciliter le passage à la cigarette électronique », indique-t-elle. En particulier les saveurs hors tabac.
C’est pourquoi, d’après les données probantes relevées par la BAP, il n’existe aucune raison valable de ne pas conseiller la vape en première intention à une personne souhaitant sortir du tabagisme. Au même titre que les substituts nicotiniques ou les solutions médicamenteuses (varénicline, cytosine…).
Les taux de nicotine recommandés
Afin de guider les prescriptions quant aux taux nicotiniques à adopter, l’association britannique de psychopharmacologie recommande :
Une concentration de 3 à 12 mg/ml pour les personnes fumeuses consommant moins de 10 cigarettes par jour ;
Une concentration de 12 à 18 mg/ml pour les personnes qui fument entre 10 et 20 cigarettes par jour.
Et pour les fumeuses et fumeurs dépassant les 20 cigarettes par jour, « une utilisation plus fréquente ou une combinaison avec un patch de nicotine (niveau S) ».
L’utilisation de la cigarette électronique
En outre, parce que la rechute est une problématique clé du sevrage tabagique, la BAP estime que :
« L’arrêt du vapotage ne devrait leur être conseillé que s’ils sont convaincus de ne pas rechuter »
Voilà qui rejoint bien d’autres recommandations récentes. Comme celles de l’Institut National du Cancer (INCA) en France, publiées quelques jours avant, le 18 février 2026.
Sources
¹ Sinclair JM, Kalk NJ, Kaar SJ, et al. Evidence-based consensus guidelines for the pharmacological management of substance dependence: Recommendations from the British Association for Psychopharmacology. Journal of Psychopharmacology. 2026;0(0). doi:10.1177/02698811251399593
² RCP (2024) E-cigarettes and harm reduction: An evidence review. April.