Si le tabagisme est un vrai danger pour les personnes diabétiques ou à risque, qu’en est-il du vapotage et de ses effets sur la glycémie et plus globalement le diabète ? On fait le tour de la question et de ce qu’en disent la Science et les spécialistes.
Les dangers du tabagisme pour les personnes diabétiques
Avant de s’attaquer aux effets du vapotage sur la glycémie et le diabète, un rappel s’impose. Car si l’on vape, c’est avant tout pour ne plus fumer.
Et fumer est justement loin d’être anodin si l’on est diabétique – on si l’on présente un terrain génétique propice au diabète. Le tabagisme est effectivement l’un des premiers facteurs de risque de pré-diabète, de diabète de type 2 (DT2) et de diabète gestationnel. Sans compter qu’il représente la première cause de décès chez les patients atteints de DT2.
Non seulement la cigarette dégrade l’équilibre glycémique, mais elle accroît également la résistance à l’insuline. Autrement dit, fumer augmente les risques d’être diabétique – et de ne pas pouvoir se soigner correctement par la suite, puisque l’on développe une insulinorésistance.
Quid du vapotage sur le diabète et la glycémie ?
Arrêter de fumer est essentiel pour prendre correctement en charge son diabète – ou réduire le risque d’en développer un.
Problème : les études tendent à montrer (sans avoir réussi à élucider les mécanismes exacts) que l’insulinorésistance est en partie causée par la nicotine, qui augmente la sécrétion de certaines hormones. Or, l’écrasante majorité des outils de sevrage tabagique (comme les substituts nicotiniques) et autres alternatives (à l’instar du vapotage, du tabac chauffé ou des sachets de nicotine) se compose précisément de nicotine pour aider à réduire puis supprimer l’addiction à l’œuvre.
Seulement, arrêter la cigarette sans aucune aide nicotinique est loin d’être la solution idéale. C’est même celle qui présente le plus de risque de rechute.
C’est pourquoi bon nombre de professionnel·le·s de santé recommandent l’utilisation de thérapies spécifiques, comme la thérapie cognitivo-comportementale. Couplée, au besoin, à des solutions pharmaceutiques comme la varénicline (Champix®) ou le bupropion.
Diabète : faut-il proscrire la nicotine ?
Le mieux pour une personne fumeuse en sevrage et diabétique, c’est donc de trouver des méthodes d’arrêt sans nicotine.
Mais attention : si ces dernières ne fonctionnent pas, il reste toujours préférable de se tourner vers les substituts nicotiniques, la cigarette électronique ou tout autre solution sans fumée plutôt que de reprendre la cigarette.
Car le tabagisme a des effets bien plus graves sur la santé des personnes diabétiques. Il aggrave notamment la dyslipidémie, c’est-à-dire le taux élevé des lipides sanguins, avec une tendance bien plus marquée chez les personnes fumeuses diabétiques à accumuler du “mauvais cholestérol” (LDL), favorisant la survenue de maladies cardiovasculaires.
Il expose également les diabétiques à des risques accrus de complications microvasculaires (en particulier pour les personnes porteuses de Diabète de Type 1, ou DT1). Et accentue les risques d’infections et d’ulcère du pied, pour ne citer que quelques exemples.
Si risque de rechute vers la cigarette il y a, on veillera donc à privilégier toute forme d’aide à l’arrêt, même avec nicotine, du moment qu’elle est sans combustion. Car si les effets de la nicotine sur le diabète sont encore incertains, ceux de la fumée de tabac sont pleinement avérés depuis des décennies.
Dans ce cadre, il est fortement conseillé aux personnes diabétiques et fumeuses d’obtenir suivi et conseils auprès de professionnel·le·s qualifié·e·s, à l’instar des tabacologues et addictologues, qui pourront suivre l’évolution de la glycémie et adapter les solutions d’arrêt en conséquence.





