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Danger de la cigarette électronique : que dit l’ANSES ?

La cigarette électronique représente-t-elle un danger, et dans quelles mesures, telles sont les questions au cœur du rapport toxicologique de l’ANSES.

Rendu public le 4 février 2026 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, le rapport passe au crible les risques cardiovasculaires, respiratoires ou encore cancérogènes du vapotage. Les mettant à chaque fois en balance avec ceux du tabagisme.

Alors, verdict ? La vape est-elle si inoffensive face à la cigarette ?

Remise en contexte

Derrière ce rapport de l’ANSES, il y a d’abord de multiples spécialistes. Des toxicologues, neurobiologistes, chimistes, sociologues, médecins généralistes, pharmaciens·ennes, praticiens·ennes, directeurs·trices de recherche ou encore universitaires. Toutes et tous réunis par l’Agence autour d’un groupe de travail (GT TABAC) ou figurant dans ses comités d’experts spécialisés (CES).

Dans le cadre du rapport, l’ANSES a également entendu le laboratoire Ingesciences, ainsi que la Fédération interprofessionnelle de la vape (FIVAPE).

Au total, près de 3 000 études ont été analysées et portées à ce rapport de 720 pages.

➡️Plus de 600 références ont été retenues pour les effets cardiovasculaires.

➡️Presque 1400 références pour les effets respiratoires.

➡️Plus de 600 références pour les effets cancérogènes.

➡️Environ 30 références pour les effets sur les femmes enceintes et leur descendance.

Un travail a également été mené sur les aldéhydes dans les émissions de cigarettes électroniques.

Quel danger de la cigarette électronique sur la fonction cardiovasculaire ?

En exposition courte (inférieure à 3 mois) comme prolongée (supérieure à 3 mois), les auteurs du rapport notent une possible augmentation de la rigidité comme de la pression artérielle.

Ils nuancent toutefois :

« Bien qu’une élévation de la pression artérielle ait été observée dans plusieurs études, le poids des preuves reste insuffisant pour conclure à un lien direct avec la survenue d’une hypertension au sens clinique du terme, qui suppose une élévation persistante dans le temps. À ce jour, le lien entre des effets, qui sont des réponses de l’organisme au vapotage et qui ne peuvent être qualifiés de pathologiques, et l’émergence de maladies chroniques, comme l’hypertension ou les coronaropathies, ou la survenue d’événements vasculaires reste à démontrer » p. 11

Autrement dit, à ce jour, il n’existe aucune preuve satisfaisante reliant directement le vapotage à un risque accru de développer une maladie cardiovasculaire. Entre autres hypertensions, maladies coronariennes ou accidents vasculaires cérébraux (AVC).


D’ailleurs, une étude de 2022 qui liait vapotage et AVC et qui avait fait grand bruit dans la sphère scientifique comme médiatique a récemment été rétractée par sa revue d’origine pour « erreurs majeures dans l’analyse des données ».


Les effets du vapotage sur la fonction respiratoire

En exposition courte comme prolongée également, les auteurs jugent les preuves trop faibles pour établir un lien de cause à effet entre le vapotage et :

  1. L’asthme
  2. La bronchite
  3. La toux
  4. Le sifflement
  5. Les effets sur la fonction pulmonaire

Une étude de mai 2025 sur la VO2 max avait déjà montré les différences significatives de résultats sur la condition cardio-pulmonaire et l’aérobie des personnes vapoteuses (exclusives), en comparaison aux personnes fumeuses et utilisatrices de tabac à chauffer.


Concernant plus spécifiquement la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), le rapport de l’ANSES indique :

« L’absence d’études longitudinales des sujets « jamais fumeurs » rend difficile toute conclusion spécifique à l’exposition au vapotage. De tels travaux sont donc indispensables pour évaluer spécifiquement le rôle de la cigarette électronique dans la survenue de cette maladie très fortement liée au tabac chez ces sujets » p.13

La majorité des études sur la question intègre en effet des participantes et participants au passé fumeur (principale cause de la BPCO) ou un passif non renseigné. De plus, l’analyse reste complexe, car la BPCO peut aussi résulter de multiples autres facteurs, précisent les auteurs. Tels que la pollution environnementale, les expositions professionnelles à des agents irritants ou autres fumées et des facteurs génétiques rares.

Vapotage et cancer

En l’état actuel des connaissances, aucune étude n’a mis en évidence un lien causal entre utilisation de la cigarette électronique et le développement de tumeurs. Les auteurs du rapport n’excluent toutefois pas cette possibilité :

« Le développement d’un cancer est un processus souvent long, progressif, et multifactoriel. Les données actuelles obtenues chez l’humain, issues d’études menées sur des durées d’exposition limitées (quelques mois à quelques années dans les études examinées), ne permettent pas d’évaluer ce risque » p. 14

Comme la BPCO, le processus de cancérogenèse résulte en effet d’interactions complexes, expliquent les auteurs. Entre des facteurs environnementaux d’une part, des prédispositions génétiques d’autre part, et des mécanismes biologiques encore.

Quid du danger de la cigarette électronique chez les femmes enceintes ?

Tout en alertant sur le caractère très expérimental des modèles utilisés dans les études analysées, les auteurs rapportent de possibles effets cardiovasculaires et respiratoires sur le fœtus.

« Ces observations doivent être interprétées avec précaution car elles proviennent essentiellement de modèles expérimentaux. Néanmoins, elles soulignent une vulnérabilité du fœtus aux substances générées par les émissions des cigarettes électroniques, en particulier en présence de nicotine » p.15


Précisons qu’à l’heure actuelle, les études réalisées sur des femmes enceintes vapoteuses, anciennement fumeuses, sont plutôt rassurantes. En juin 2025, une étude de l’Université de Londres a par exemple mis en lumière une exposition bien moindre aux produits chimiques et nocifs avec la cigarette électronique qu’avec la cigarette de tabac fumé.

Quelques années plus tôt, une autre étude britannique avait déjà constaté une plus grande efficacité de la vape pour arrêter de fumer durant la grossesse. Sans effets secondaires ou risques accrus en comparaison aux patchs.


Une réduction des risques confirmée par l’ANSES

Cette réduction des risques chez les personnes fumeuses passées à la vape, l’ANSES l’a confirmée plus loin dans son rapport en s’intéressant notamment aux composés organiques volatils (COV). Et plus particulièrement aux aldéhydes, connus pour leur forte toxicité. Très présents dans la cigarette de tabac classique, ils représentent un risque immédiat pour le fumeur, qu’importe sa consommation de cigarettes. Même très faible.

Dans les produits du vapotage, l’ANSES note une « forte réduction de l’exposition aux aldéhydes dans les émissions : de 80 à près de 100 % » p. 23

L’Agence le rappelle tout de même :

« S’il est vrai que, de manière générale, réduire l’exposition permet de réduire le risque, celui-ci ne diminue pas forcément au point d’atteindre le seuil à partir duquel le risque peut être exclu » p. 25

Autrement dit, pour paraphraser l’ANSES : la cigarette électronique n’est pas sans danger. Le risque n’est jamais nul, mais il est infiniment moindre :

« Les connaissances actuelles permettent de conclure que les effets associés à l’usage de la cigarette électronique ne sont pas d’une gravité équivalente à ceux provoqués par le tabac. L’absence de combustion constitue un avantage majeur du vapotage, réduisant l’exposition aux substances toxiques et cancérogènes caractéristiques de la fumée du tabac » p. 16

Recommandations et alertes

Au terme du rapport, le comité d’experts spécialisés (CES) recommande ainsi :

  1. De ne jamais commencer à vapoter si l’on ne fume pas de base ;
  2. De viser l’arrêt complet de la cigarette, y compris pour les personnes vapofumeuses ;
  3. De ne pas recommander la vape en première intention à une femme enceinte fumeuse qui cherche à arrêter. Mais de ne jamais l’exclure en cas d’échec des traitements de substitution nicotinique.
  4. De toujours respecter les préconisations de mélange pour les pratiquantes et pratiquants du DIY ;
  5. De rendre obligatoire l’application de normes relatives au vapotage, afin d’uniformiser les données pour les recherches. Et ainsi, d’atteindre un niveau de certitude plus fiable dans l’analyse de ces données.

L’ANSES estime que la vape devrait être uniquement envisagée comme une aide transitoire dans une démarche de sevrage tabagique. Elle insiste également sur l’importance de continuer et d’approfondir les recherches sur le vapotage. En particulier auprès de vapoteurs n’ayant jamais fumé afin de mieux caractériser ses effets.

Parallèlement, le rapport met en garde à plusieurs niveaux :

  1. Sur la dimension sociale du vapotage chez les adolescents. Pointant notamment le mimétisme, qui peut apparaitre comme un « puissant moteur d’initiation et de maintien de la pratique du vapotage ».
  2. Contre les effets potentiellement contre-productifs de certaines mesures. Comme la taxation. D’un côté, elle pourrait effectivement dissuader certaines et certains consommateurs. Mais, en contrepartie, elle pourrait aussi favoriser des pratiques dangereuses du Do It Yourself (ou DIY, soit les e-liquides faits maison). Tout comme participer au développement d’un marché non régulé (marché noir) échappant totalement aux contrôles sanitaires. Et menant à la consommation de produits risqués et frelatés.

Sources


Evaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage, Avis de l’Anses, Rapport d’expertise collective, Décembre 2025 (publié le 4 février 2026 sur le site de l’ANSES).
Version PDF : Rapport-ANSES-2026 Portable Document Format — Wikipédia

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