Depuis plus de 10 ans, l’Action on Smoking Health (ASH) suit l’évolution du tabagisme et du vapotage en Grande-Bretagne : en juillet 2026, l’organisation caritative indépendante de santé publique, créée par le Royal College of Physicians, a mis à jour ses données. On présente ici les principaux constats de ces enquêtes. Sur les adultes de 18 ans et plus. Et sur les jeunes de 11 à 17 ans.
Moins de fumeurs chez les 18 ans et plus, mais encore trop de désinformation sur la vape
S’appuyant sur les données de l’enquête ASH Smokefree GB 2026, qui a regroupé 13 259 participantes et participants de Grande Bretagne [1], l’organisme constate :
- Un taux de vapotage stable par rapport à l’année précédente avec 10 % de personnes vapoteuses (dont 7 % d’utilisatrices et utilisateurs exclusifs) ;
- Une prévalence tabagique en baisse par rapport aux années précédentes avec 11 % de personnes fumeuses (dont 8 % d’utilisatrices et utilisateurs exclusifs).


Parmi les personnes vapoteuses, l’ASH recense 60 % d’anciennes et d’anciens fumeurs. Mais toujours 32 % de doubles utilisatrices et utilisateurs (vape et cigarette).
Le vapotage en baisse chez certaines générations
Par tranches d’âge, l’organisation observe également :
- une légère hausse du vapotage parmi les 35-44 ans et les 45-54 ans. De 13 % en 2025 à 14 % en 2026 chez les 35-44 ans. Et de 11 % en 2025 à 13 % en 2026 chez les 45-54 ans ;
- une légère baisse chez les 25-34 ans et les plus de 55 ans. De 16 % en 2025 à 15 % en 2026 chez les 25-34 ans. Et de 7 % en 2025 à 6 % en 2026 chez les + de 55 ans ;
- une prévalence stable chez les 18-24 ans depuis 2022 : 11 %, contre seulement 5 % en 2021.
La désinformation en cause ?
D’après l’enquête de l’ASH, un peu plus d’un quart des personnes adultes fumeuses (28 %) n’ont pas encore essayé la vape pour arrêter de fumer. Les quatre principales raisons invoquées sont les suivantes :
- Je ne veux pas remplacer une addiction par une autre (25 %)
- Je crains qu’elles ne soient pas suffisamment sûres (20 %)
- Je ne veux pas arrêter de fumer (11 %)
- Je ne pense pas qu’elles m’aideront à arrêter ou à réduire ma consommation (8 %)
Pour Hazel Cheeseman, directrice générale de l’ASH, la réticence de certaines personnes fumeuses à passer à la vape peut s’expliquer en partie par la persistance des idées reçues. En effet, en 2026, en Grande Bretagne, 52 % des fumeuses et fumeurs pensent toujours le vapotage aussi nocif, voire plus, que le tabagisme. Une proportion qui grimpe encore lorsque l’on interroge les 11-17 ans. Parmi eux, ce sont plus de 6 jeunes sur 10 qui jugent la nocivité de la vape égale, voire supérieure, au tabagisme.
« Il est inquiétant de constater à quel point la perception du public concernant le vapotage est aujourd’hui en décalage avec les données scientifiques », a-t-elle déclaré.
Avant d’ajouter :
« Pour les fumeurs, ces idées fausses ont des conséquences bien réelles. Si une personne croit que le vapotage est aussi nocif que le tabagisme, elle sera moins encline à l’utiliser pour arrêter de fumer et plus susceptible d’arrêter le vapotage et de reprendre la cigarette. Ces deux situations sont bien plus néfastes pour sa santé »
Rejoignant ses propos, plusieurs spécialistes ont rappelé l’importance, pour les médias comme pour les militants antitabac, de donner une information complète. En replaçant toujours dans leurs articles, reportages et études sur les risques possibles du vapotage, ceux, bien réels et mortels, du tabagisme.
Quid du tabagisme et du vapotage chez les jeunes de Grande-Bretagne en 2026 ?
Depuis 2022-2023, l’ASH constate une stabilisation globale des taux d’usage de la vape chez les jeunes de 11 à 17 ans [2]. Avec une légère baisse cette année. Qu’il s’agisse de l’expérimentation ou de l’utilisation fréquente comme quotidienne.
Aussi, en 2026 :
- 19 % des jeunes âgés de 11 à 17 ans ont déjà essayé le vapotage. Contre 20 % en 2023 et 2025 et 18 % en 2024 ;
- 6 % vapent fréquemment. Contre 7 % en 2022, 2023 et 2025 et 8 % en 2023 ;
- 2 % utilisent la cigarette électronique quotidiennement.
Autre bonne nouvelle : après une hausse du tabagisme chez les jeunes l’année dernière (21 % contre seulement 14 % en 2023), la prévalence tabagique repart à la baisse en 2026 (18 %). Restant tout de même bien plus significative qu’il y a trois ans…
La cigarette comme point d’origine
Comme le confirment les données de l’ASH, ces jeunes vapoteuses et vapoteurs ont un point commun : iels sont, pour l’écrasante majorité, d’anciennes ou d’actuelles personnes fumeuses.
Au total, 91 % des non-fumeurs sont également non-vapoteurs. Les 9 % restants concernent les expérimentateurs (7 %) et les utilisateurs fréquents (1 %) comme quotidiens (1 %).
En revanche, 13 % des ex-fumeurs l’ont déjà utilisée par le passé et 19 % l’utilisent moins ou plus d’une fois par semaine. Et beaucoup de fumeurs actuels vapotent : 18 % moins d’une fois par semaine / 34 % plus d’une fois par semaine.


Autrement dit : les jeunes de Grande Bretagne ne commencent pas par la vape, mais par la cigarette. Puis se tournent, pour certaines et certains, vers la vape. Parmi eux, au moins 47 % l’ont déjà utilisé par le passé (soit lorsqu’ils étaient fumeurs) ou l’utilisent encore, mais ne fument plus. A contrario, trop de jeunes cumulent encore les deux, ne réduisant aucunement les risques du tabagisme sur leur santé (≃ 52 %) ou privilégient toujours exclusivement la cigarette (≃ 47 %).
C’est pourquoi l’initiative d’interdiction générationnelle de fumer portée par le Royaume-Uni est essentielle.
Actée le 9 mars 2026, elle interdira, à compter du 1er janvier 2027, l’achat de cigarettes à toute personne née le 1er janvier 2009 ou après.
Sources
[1] Use of vapes and other novel tobacco and nicotine products among adults in Great Britain, ASH, July 2026
Version PDF téléchargeable : ASH-Use-of-Vapes-Among-Adults-in-Great-Britain-2026-FINAL
[2] Use of vapes and other novel tobacco and nicotine products among young people in Great Britain, ASH, July 2026
Version PDF téléchargeable : ASH-youth-vaping-fact-sheet-2026-FINAL





