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Octobre Rose : le tabagisme, toujours responsable de plus d’un cancer du sein sur dix

En ce mois d’Octobre Rose, il s’avère d’autant nécessaire de rappeler ce point : le tabagisme reste l’un des facteurs de risque majeur du cancer du sein. On vous explique pourquoi, mais aussi comment réduire les risques.

Octobre Rose : une campagne annuelle essentielle

Aux origines d’Octobre Rose

Le mouvement Octobre Rose, ou National Breast Cancer Awareness Month, trouve son origine aux États-Unis, dans les années 1980-1990.

En 1985, l’American Cancer Society et l’entreprise Imperial Chemical Industries (IMC) ont l’idée de consacrer un mois à la sensibilisation au cancer du sein. Elles lancent alors une vaste campagne de communication autour de l’importance du dépistage et de la mammographie.

Mais à ce moment-là, on est encore loin du retentissement mondial qu’on lui connait aujourd’hui.

Sa portée internationale, on la doit avant tout à Charlotte Haley. C’est cette Américaine qui a fait naitre, en 1991, ce qui deviendra son plus grand symbole : le ruban, couleur pêche à l’époque. Son objectif : dénoncer le manque de financement consacré à la prévention en confectionnant et distribuant ces petits rubans un peu partout.

L’idée plait tant qu’elle est alors reprise l’année suivante par le magazine Self et la marque Estée Lauder, sous un ruban de couleur rose cette fois. Le fameux.

Encore deux ans plus tard, en 1994, la marque s’associe à Marie Claire et fonde l’association française “Le Cancer du Sein, Parlons-en !”, depuis rebaptisée “RubanRose”.

Les objectifs d’Octobre Rose

Chaque année, du 1er au 31 Octobre, une vaste campagne est déployée afin de sensibiliser au dépistage du cancer du sein. Mais aussi de récolter des fonds pour appuyer la recherche médicale.

Des actions et manifestations ont lieu dans toute la France pour poursuivre ces objectifs.

Tabagisme et cancer du sein : quel rapport ?

Le cancer du sein est l’un des cancers les plus fréquents chez la femme en France. Chaque année, on estime à plus de 61 200 les nouveaux cas diagnostiqués. Plus largement, on considère qu’une femme sur huit peut être touchée par un tel cancer au cours de sa vie. Ce qui en fait un enjeu de santé publique majeur.

Les raisons de sa survenue sont aussi diverses que multiples d’après la Science. On distingue d’ailleurs deux grandes catégories de facteurs de risque :

  1. Les facteurs de risque dits “non modifiables”. Incluant l’âge, le sexe, les antécédents familiaux ou encore les prédispositions génétiques.
  2. Les facteurs de risque dits “modifiables”. Comme l’alcool, le surpoids, la sédentarité, les traitements hormonaux ou encore le tabagisme.

10 à 40 % de risque en plus lorsque l’on fume

Le tabagisme est un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies et affections. Il est impliqué dans 17 types de cancers au moins. Et le cancer du sein ne fait pas exception.

En cause : les milliers de substances libérées par la fumée de cigarette. Dont plus de 70 sont des cancérigènes avérés.

D’après les connaissances actuelles, cette exposition favoriserait le dérèglement de certaines cellules, qui muteraient génétiquement, augmentant de 10 à 40 % le risque de développer un cancer du sein.

En France, on estime par ailleurs que plus de 2 000 cancers du sein sont directement attribuables au tabagisme. Ce qui représente environ 1,5 % des cas totaux diagnostiqués.

Ou, pour le dire autrement : en France, plus d’un cancer du sein sur 10 est du au tabagisme.

Arrêter de fumer pour réduire les risques – et améliorer ses chances de survie

En arrêtant la cigarette, une femme fumeuse réduit ainsi forcément les risques de développer une tumeur mammaire.

Et ce n’est pas tout : même une fois le diagnostic posé, arrêter de fumer est loin d’être inutile. Bien au contraire, il impacterait même très positivement la rémission et le pronostic vital. Au niveau des traitements, d’abord ; De la réussite des chirurgies réparatrices, ensuite. Mais surtout de la survie même des patientes.

Les raisons ?

  • Le tabac fumé limite l’efficacité de certaines chimiothérapies ;
  • Il augmente les effets secondaires associés aux chimio et radiothérapies ;
  • Il altère le processus de cicatrisation après une chirurgie de reconstruction mammaire par exemple, multipliant par quatre les risques d’infection ;
  • Il augmente les douleurs post-opératoires ;
  • Et il peut même intensifier l’agressivité du cancer.

D’après une étude longitudinale, menée de 1988 à 2008 sur plus de 20 000 femmes aux États-Unis, l’arrêt tabagique aurait ainsi permis de diminuer de 33 % le risque de décès chez les patientes.

En résumé

Le message doit résonner plus fort encore lors du mois d’Octobre Rose, qui précède d’ailleurs le Mois Sans Tabac.

Le tabagisme tue une personne fumeuse sur deux : il est directement impliqué dans la survenue de nombreuses maladies, affections et cancers, comme le cancer du sein.

C’est pourquoi accompagner les personnes fumeuses dans l’arrêt de la cigarette est primordial.

Cela commence par les informer de toutes les solutions à leur portée. Y compris la cigarette électronique qui, comme l’a rappelé l’éminent réseau britannique Cochrane, le 26 août 2026 :

« est une solution éprouvée et viable pour les personnes fumeuses »

En 20 ans de recul sur le produit, aucune étude n’a mis en lien vapotage et cancer. Au contraire, une étude sud-coréenne de juillet 2026 a confirmé que :

« L’utilisation de la cigarette électronique était associée à une mortalité et à des risques cardiovasculaires inférieurs à ceux observés chez les fumeurs ayant poursuivi le tabagisme, bien que l’arrêt complet du tabac confère des avantages plus importants »

Les recherches continuent, évidemment, mais les données restent rassurantes.

« Les connaissances actuelles permettent de conclure que les effets associés à l’usage de la cigarette électronique ne sont pas d’une gravité équivalente à ceux provoqués par le tabac. L’absence de combustion constitue un avantage majeur du vapotage, réduisant l’exposition aux substances toxiques et cancérogènes caractéristiques de la fumée du tabac », concluait ainsi l’ANSES dans son rapport 2026 sur l’état des connaissances des dangers de la vape.

Pourtant, en dépit de la Science, les commissions européennes sont de plus en plus nombreuses à réclamer un traitement quasiment indifférencié entre tabagisme et vapotage.


Sources


FAQ : Cancer du sein et tabac, Fondation pour la recherche sur le cancer, 12 février 2026

Cancer du sein, Santé Publique France, 6 juillet 2026

Le tabac est responsable d’un cancer du sein sur dix, Association Addictions France, 23 octobre 2024

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